PRESSE | Brothers of the Night

EXTRAITS DE PRESSE

Ce qui frappe d’emblée, dans ce documentaire du réalisateur autrichien Patric Chiha, c’est l’instable géographie du désir dans laquelle il s’installe. (…) Comment transiger avec des corps et des gestes non voulus ? Comment avoir prise sur le désir de l’autre ? Comment devenir, ne serait-ce qu’un instant, l’objet que l’on ne s’était jamais imaginé être ? (…) Pour scruter cette zone mystérieuse du retournement de soi, Patric Chiha ne s’en remet pas à la seule modalité documentaire mais invente, dans le périmètre restreint du bar et de ses environs, des espaces liminaires et fantasmatiques où les personnages puissent se raconter, se confesser, s’abandonner à eux-mêmes.

LE MONDE - Mathieu Macheret
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Patric Chiha contemple [ces jeunes], les met en scène dans des lumières éclatantes et irréelles — des lueurs de néon où le bleu le dispute au rose le plus cru. Il écoute la gêne sous leur feinte indifférence et la nostalgie sous leurs fanfaronnades. Il les grandit, les embellit, les humanise. Il rend à ces « stars éphémères », comme il les appelle, une petite partie d’une dignité depuis longtemps perdue. On songe, par moments, à une pièce russe : notamment lorsque, allongé près de son pote sur un divan cerné de lumières orange, un des héros avoue : « Samedi, je me suis regardé dans le miroir. Et j’ai pensé que je vieillissais un peu plus chaque jour. C’était vraiment intéressant. »

TELERAMA - Pierre Murat
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Le tour de force du film réside dans la conjugaison toute fassbinderienne entre une mise en scène artificielle à l’esthétique queer et une visée documentaire jamais reniée. Alternant longs plans-séquences et scènes de groupes plus découpées, il ne tombe à aucun moment dans une forme de misérabilisme mais ne refuse pas toutefois de voir l’impasse existentielle dans laquelle ces garçons se trouvent.(…) Brothers of the Night donne l’impression d’un film saisi au vol, à la beauté fugace et mélancolique, sourd témoignage de la violence du monde contemporain.

LES INROCKUPTIBLES - Bruno Deruisseau
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Par-delà la grâce avec laquelle il arpente cette interzone où se floutent les appartenances, on peut trouver le film aussi admirable par ce qu’il soutire à ses acteurs improvisés, et dénude ainsi d’une vérité de leur condition, que par la manière dont simultanément il les rhabille et les farde de fictions, les sublime de la fascination qui dore chaque pixel de l’image, leur concède les ficelles de ce récit d’eux-mêmes - dont il ne s’efforce en rien de dissiper les fanfaronnades et les arrangements cruels avec les brûlures de la honte, de la vanité ou de l’inquiétude.

LIBERATION - Julien Gester
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En marge des réseaux gays de prostitution de Vienne, Patric Chiha sonde la beauté de la nuit cachée sous le désespoir. Ses portraits croisés de post-ados bulgares, à la lisière du métaphysique, tissent la matière composite du cinéma de Fassbinder. (…) Deux représentations de la réalité s’opposent dans Brothers of the Night : d’un côté l’enregistrement authentique des soirées alcoolisées des adulescents se racontant leurs exploits en marge des bistrots où ils ont coutume de vendre leur corps ; de l’autre la mise en scène fantasmagorique de ce réel à travers le prisme du merveilleux. (…) Sans chronologie nette, tissant des histoires d’amour entre ses héros intrinsèquement cinégéniques par la force du montage, ou déjouant une réalité trop glacée par des structures elliptiques et sinueuses, Chiha signe un quasi chef d’œuvre et affirme sa singularité.

A VOIR A LIRE - Alexandre Jourdain
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Le réalisateur libano-austro-hongrois Patric Chiha magnifie ces jeunes gens et en fait des James Dean des bas quartiers, en les incitant à jouer de leur statut, à outrer les situations.

LE CANARD ENCHAINE

Les jeunes hommes qu’il a filmés exagèrent tout le temps, friment sans s’excuser. C’est avant tout cette tendance à se mettre en scène que le cinéaste voulait recueillier. Et c’est pour cela que le documentaire de Chiha tire autant vers la fiction : le cinéaste les a toujours encouragés à se raconter comme ils le voulaient et s’ils le voulaient. (…) À l’écran, ce sont leurs fantasmes et ceux du réalisateur qui se mêlent dans des bas-fonds brumeux où jaillissent de sublimes jeux de lumière.

TROIS COULEURS - Quentin Grosset
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C’est un film à l’image de ses lumières, à l’image aussi de ses plans sur le fleuve. Un film liquide. Ainsi Patric Chiha capte de jeunes corps à la virilité coquette, surdouée, au rythme d’un écoulement narratif qui est celui de la chronique (…) Les cloisons docu/fiction ne sont pas intangibles, on le sait depuis longtemps, mais il est rare que ce flottement corresponde exactement aux perceptions du spectateur, à cette dérive du regard qui se perd dans la nuit viennoise, se laisse engloutir, comme on se noie, par les clairs-osbscurs.

TRANSFUGE - Damien Aubel

Patric Chiha filme des hommes qui sont loin d’avoir perdu tout pouvoir sur leur existence. Au contraire, leur métier les pousse à se mettre en scène en permanence, à épouser avec distance des identités dictées par les fantasmes de leurs clients. D’où le jeu qui s’impose facilement entre la caméra et les cours, jeu devenu un vrai dispositif de tournage : les jeunes hommes se sont mués en acteurs (ils ont d’ailleurs été payés) et invités à mettre en scène leur expérience, parfois dans des lieux réels, parfois dans des décors.

CAHIERS DU CINEMA - Laura Tuillier

Il flotte dans ce nouveau long-métrage de Patric Chiha, présenté à la précédente édition de la Berlinale, une poésie insaisissable et mystérieuse, sensuelle et terriblement envoûtante. Cette puissance onirique est explicite dès les premières secondes, entre la stylisation nocturne de l’image, qui baigne dans une atmosphère de désir (des teintes rouges, violettes, roses), et un décor presque fantôme.

CRITIKAT - Ferhat Abbas
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« L’amitié comme mode de vie », cette formule qui donne son titre à un entretien de Michel Foucault dans le Gai Pied décrit bien l’entreprise menée par Chiha. Alors que l’homosexualité, au cinéma comme ailleurs, est souvent cantonnée à deux types d’images, vicieuse ou proprette, son film est mu par l’ambition d’évoquer, tour à tour, l’affection, la tendresse, l’amitié, la fidélité, la camaraderie, le compagnonnage. Ces sentiments qui, selon le philosophe, permettent de former des alliances, des lignes de force imprévues, magnifiquement inquiétantes.

ARTPRESS - Félix Rehm

Avec ses images sophistiquées, baignées de lumières roses et bleu, Brothers of the Night joue avec la représentation du réel, façonne à loisir toute une esthétique homosexuelle : Chiha le savait en investissant le quotidien de ces garçons à la sexualité fluide et insolente, qui ont mis la tendresse depuis longtemps au placard. Sur le fil du rasoir, ils raniment les spectres de Jean Genet, de James Bidgood (Pink Narcissus), de Rainer W. Fassbinder, de Kenneth Anger, de Pier Paolo Pasolini.

CHAOS REIGNS - Jeremie Marchetti
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Le film, laboratoire enchanté fait de décors clos et de couleurs fluos, permet alors d’observer sous vide (hors du monde) l’alchimie tribale et sa communauté mimétique. Chiha ne filme ces jeunes qu’en groupe, lorsqu’ils rivalisent d’esbroufe, s’échangent leurs rôles ou palabrent. Et il le fait avec les moyens détournés de la fiction. Son vrai domaine serait, plutôt que le sordide des vies pompées, le pays merveilleux que se racontent ces éphèbes insouciants. (…) Brothers of the Night relèverait, si l’on veut, du psychodocumentaire, qui arpente la couche fantasmagorique de l’existence.

DÉBORDEMENTS - Eline Grignard, Pauline de Raymond et Gabriel Bortzmeyer
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Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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