Françoise Bergot à propos de Robert Mitchum est mort

Publié le 10 novembre 2011

Un si long chemin pour l’illusion d’arriver enfin quelque part…

Il aura fallu à Franky un immense détour par lui-même pour se perdre, se trouver, s’inventer, en décidant en homme libre si cette vie est la sienne ou pas.

Franky est dans sa torpeur, absent à lui-même à force de tenter d’être présent à l’objet de la quête d’Arsène, qui s‘emploie à le faire exister et s’émerveille de la seule scène qu’il ait vraiment tournée en lui disant : « Tu es bon quand tu meurs »…

Dans une laverie, Franky observe son reflet dans une vitre. « Je suis transparent », confie-t-il à Arsène. Ce parcours vers le cercle polaire lui donnera une densité, une épaisseur d’âme inespérée : désencombré de la quête obsessionnelle d’Arsène, dans ce non lieu, tout devient possible. « Le pôle, ça va être beau, y a rien » dit Douglas. Fascinante et constructive vacuité pour Franky en effet, tandis qu’Arsène implose, se dissout : chassé croisé de deux trajectoires inversées. L’un devait disparaître pour que l’autre existe. Libéré de l’obsession de sauver le rêve de son mentor, Franky peut enfin trouver la note juste de devenir ce qu’il est. En ce sens, Arsène aura réussi.

« Il n’y a plus de film » annonce le réalisateur dont la rencontre a motivé ce long voyage. Certes, il n’y a plus de film, mais il y a un homme qui va inventer sa vie dont l’insaisissable sens ne lui est pas donné et cependant viendra…

Françoise Bergot

ACID Spectateurs

UNE AUTRE MANIÈRE D’ÊTRE SPECTATEUR...

- Parce que pour nous vous êtes des spectateurs et non des consommateurs,
- Parce que vous aimez toutes sortes de films, toutes sortes de regards,
- Parce que vous êtes curieux de découvrir des œuvres indépendantes, des cinématographies singulières,

Rejoignez le réseau ACID Spectateurs et soutenez le cinéma indépendant avec les cinéastes de l’ACID !

© 2011 L’acid - Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion | réalisation site : quidam.fr