Avant que j’oublie

Un film de Jacques Nolot

France - 2007
108 mn min - Couleur - 35mm

Sortie : 17 octobre 2007

Sélections et prix :
Selection Quinzaine des Réalisateurs 2007Soutien GNCR
Scénario : Jacques Nolot
Image : Josée Deshaies
Son : Jean-Louis Ughetto
Montage : Sophie Reine
Musique : Gustav Mahler

Avec :
Jacques Nolot, Jean-Pol Dubois, Marc Rioufol, Bastien d'Asnieres

Synopsis :

Pierre, 58 ans, prisonnier de son passé a de plus en plus de mal avec la solitude, avec le temps, avec le monde extérieur, a recourt à des psychotropes, s’enferme chez lui, seul lieu où il est le moins mal, dans l’attente d’une inspiration, n’arrive plus à écrire, a rendez-vous pour déjeuner avec son ami, une relation vieille de 30 ans, un ami qui fut un papa, une maman, une banque, l’ami ne viendra pas, Pierre se confronte à la police, à la famille, à la maladie... seul face à lui-même... se ressaisira avec humour et distance... croise chez son avocat un ami de bar... parlent de leur jeunesse, avec l’aide de son psy retrouve l’inspiration. Accompagné d’un gigolo, ira au bout de ses fantasmes.


Texte de soutien de l'ACID :

Francis Bacon, le peintre, expose sur ses toiles des corps contorsionnés. Ils sont presque toujours dans un espace clos et fragmenté. Les douleurs et les couleurs de la chair préfigurent celles de l’âme. Le corps questionne l’esprit puis l’esprit questionne le corps. Ils attendent tous deux une réponse, en vain. Jacques Nolot, le cinéaste, expose lui aussi cette confrontation désespérée de l’interrogation humaine et ce tumulte de l’intériorité. La sobriété des espaces, une parole concise et la taille précise de la mise en image, dévoilent sans aucun artifice ni jugement, une face complexe de notre nature ambivalente. Les confidences ressemblent à des confessions, l’acte sexuel à une quête ou à un moyen de détourner l’idée de la mort. Avec le temps, le corps et ses pensées sont régis par des habitudes qui deviennent des rituels. L’argent est aussi une fausse priorité qui rassure. Ce que le cinéaste nous montre, est ce que nous sommes, ce que l’on vit. Nous cherchons, dans nos actes et notre parole, une méthode pour contrer toutes les solitudes. Nous souhaiterions pouvoir nous libérer d’un monde prosaïque et commun mais le profane comme le matérialisme se sacralisent à nos dépends. Cette banalisation nous précipite dans une absence. Si le film est une existence en quête d’essence, il est aussi la révélation d’une impuissance à vivre comme à mourir, une leçon d’humilité autant artistique qu’humaine. Peu de cinéastes parviennent à un degré d’abstraction aussi intelligible et clairvoyant. Dominique Boccarossa Cinéaste, membre de l’ACID

Films soutenus


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