Baboussia

Un film de Lidia Bobrova

Russie - 2003 - 100 min - Couleur - 35mm

Sortie : 4 février 2004

Sélections et prix :
Grand Prix du Public, Prix Arte Rencontres Internationales de Cinéma à Paris 2003 Prix Special du Jury, Prix du Jury Oecuménique Karlovy Vary 2003
Scénario : Lidia Bobrova
Image : Valeri Revitch
Son : Maxime Belovolov
Montage : Tatiana Bistrova
Musique : Sergei Anoufriev

Avec :
Nina Shoubina, Anna Ovsianikova, Vladimir Koulakov, Serguei Anyfkiev, Olga Onischenko, Galina Bokachevskaia, Valentina Tcherkazianova, Galina Volkova, Vladimir Baranov, Yury Oyssiako

Synopsis :

Toute sa vie, Baboussia, 80 ans, s’est dévouée à son pays et sa famille. Elle part vivre chez sa fille Vera et son gendre. À la mort de sa fille, la vieille femme doit chercher refuge auprès de ses petits-enfants et de parents proches. Mais aucun d’entre eux ne souhaite s’encombrer d’une veille femme. Cette errance de famille en famille constitue la trame de ce scénario, qui dresse, des businessmen aux réfugiés, des journalistes de la capitale aux paysans du village, des nouveaux riches aux indigents, une galerie de portraits saisissants.


Ils sont tous Russes, bien évidemment les fils, filles petits-fils et petites filles, neveux et nièces de Baboussia, jusqu’à la racine des ongles ; ils en possèdent donc, épidermiquement, l’exaltation de l’âme, les débordements d’amour, de passion, provocant tout à l’extrême, la passion, la joie, la peine, autant que l’alcoolisme, tout.

Il y a un mot en Roumain qui signifie joie et tristesse en même temps.
Il y a un mot russe qui devrait signifier fatalité, joie, et tristesse, en même temps. Baboussia, fatalement, est fille de 70 ans de communisme, qui amena la soumission de toute une société.

Bien sûr il y eut des résistants, des soulèvements. Mais la soumission massive est restée prépondérante, révélant une fois de plus que la violence et les contraintes sont capables de paralyser les valeurs essentielles de l’esprit de l’homme. Plus effroyable encore, l’homme ne renonce pas à ses sentiments. Mais il présage que les crimes commis sont une forme supérieure de l’humanisme. Il commence à partager les gens en purs et impurs, dignes et indignes ; la volonté de survivre à tout prix a pour résultat de compromettre l’âme et l’instinct. Les populations ne trouvent rien à redire que l’on mène les vaches à l’abattoir. Normal c’est une question de survie. Et quand il s’agit de populations ?

L’âme russe y a été confrontée.
Elle y a survécu, cabossée, incertaine, confrontée à la Tchétchénie, maintenant.

C’est ce poids-là que porte ce film et ses personnages, sans ostentation, en toute simplicité, et c’est bien là sa force.

Jean JEANNERET, cinéaste

Films soutenus


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