Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Un film de Jacques MartineauJeanne est une belle jeune femme toujours pressée qui a beaucoup d’amants.Par hasard, elle rencontre Olivier : c’est le grand Amour qu’elle recherchait...Olivier, séropositif, disparaît volontairement de la vie de Jeanne au moment où sa maladie se déclare. Elle tente en vain de retrouver sa trace.Un jour, Jeanne apprend qu’Olivier est mort, mais la vie continue.
Bien sûr il y a hommage à Demy, certes c’est une comédie musicale, tous les ingrédients sont là : on y chante longuement, on y danse peu ou prou à l’ombre des grands sentiments, des petits riens quotidiens et d’un désastre annoncé. Mais ici, c’est dit : l’amour ne peut rien contre la mort, et en cela le film est un hymne à la vie - à ces moments d’intimité dérobés à la société, à ces moments de grâce que la maladie et la mort menacent (je pense à la très belle scène du dimanche matin).Voilà un premier film épatant par sa vitalité et surtout sa liberté de ton entre trivialité et pudeur, humour et gravité, enfantillages et intelligence, émotion et digressions. Et qui réussit à imposer sa personnalité et son univers propres malgré ( ou avec ? ) toutes les chausses trappes des références.Dominique CREVECOEURJeanne et le garçon formidable nous envoie une nouvelle qui tient en quelques mots : le cinéma sait encore chanter le monde qui nous entoure.« Les petites chansons sont nécessaires à la santé du cinématographe », disait Renoir. Olivier Ducastel et Jacques Martineau font plus qu’insuffler un peu de santé chansonnière dans leur fiction, ils relèvent un autre défi : celui de faire des chansons le corps même de la fiction, de façonner avec elle la matière réelle des personnages, et c’est un événement important pour le cinéma. Depuis qu’un certain Jacques Demy avait réinventé la comédie musicale au début des années 60, peu de cinéastes s’étaient risqués à ce périlleux exercice.Jeanne et le garçon formidable retrouve avec bonheur les chemins de ce cinéma là : où le dialogue devient parole, où le récit se dit en musique, où la mise en scène s’accorde aux exigences de la chorégraphie. Où les images du monde se confondent avec ses plus obsédantes mélodies.Serge LE PERON
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