La Cage

Un film de Alain Raoust

France - 2002 - 101 min - Couleur - 35mm

Sortie : 4 septembre 2002

Sélections et prix :
Festival de Locarno 2002
Séléction Officielle
Prix de La Critique Internationale
Prix du Jury Oecuménique
Scénario : Alain Raoust
Image : Hélène Louvart
Son : Georges Prat
Montage : Sophie Deseuzes
Musique : Pascal Humbert

Avec :
Caroline Ducey, Roger Souza, Nathalie Besançon, Maryvonne Schiltz, Jean-Noël Gayte, Beppe Clearing, Nicole Huc, Georges Garcin

Synopsis :

Après un an de libération conditionnelle, Anne Verrier - 25 ans, 7 ans de prison pour homicide, mineure au moment des faits - est libre. Mais sa liberté et sa récente intégration sociale ne l’affranchissent pas de son passé. Elle n’a qu’un but retrouver le père de celui qu’elle a tué. Il lui faudra atteindre un village reculé des Alpes pour oser cette confrontation. Duel âpre pour impossible rencontre. Sauvé par ce face-à-face, chacun quittera la cage dans laquelle il était prisonnier.


Un type à poil debout sur une terrasse, c’est comme s’il dansait, avec les mains, doucement, l’air de chercher quelque chose autour de lui, ou bien quelqu’un. De tous côtés l’horizon c’est la montagne, l’automne, les mélèzes, le silence, sinon rien, personne. On ne sait rien alors on se demande si c’est lui ? Mais qui c’est celui-là ? Mystère. C’est ainsi que commence le film : fixe, suspendu mais à quoi ?
Et puis c’est la ville, Tours, le bureau de Mme la juge. Peine purgée, Anne a 25 ans : Elle est libre. Enfin la liberté ! C’est ce qu’on va voir justement. On pourrait la croire sortie d’affaire, réinsérée comme ils disent, mais non, visiblement non. Anne se tait et se met à marcher, comme on part. Car il s’agit d’une quête, d’un voyage vital et secret. Silencieuse, obstinée, lucide, seule, fracassée, belle, (très belle et bouleversante Caroline Ducey) Anne va traverser des territoires, des pays, des jardins, à la recherche de quelque chose qu’elle ne dit pas mais qu’elle sait. Elle ira jusqu’au bout, c’est un choix, c’est ce qu’on se dit quand visiblement rien ne la retient. Rien n’a l’air de compter plus à ses yeux que ce « bout du voyage » qui la fait repartir après chaque étape et continuer, suivre son chemin. Là est la beauté du film, sa force, son ambition. Rien n’est dit justement, mais tout peut se voir à l’œil nu. Et nous ne pouvons que suivre Anne pas à pas en guettant le moindre mot, un geste, un indice. Tout se met à faire signe. Son silence, son visage sur lequel nous croyons voir parfois se dessiner la carte de son mystérieux voyage, les mille et un bruits que lui envoie le monde autour d’elle, les cailloux sous ses pieds, les hautes herbes des chemins qu’elle empreinte, les mots de ceux qu’elle croise, qui l’aiment ou qui veulent simplement l’aider. On ne la quitte plus d’une semelle de baskets. Il y a de la croyance dans ce film. Dans la révélation du cinéma bien sûr, mais aussi dans la force secrète et inflexible qui nous pousse vers la liberté. Ici la liberté n’est pas affaire de justice. Juste une affaire de jeune femme.

Luc LECLERC DU SABLON, cinéaste

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