Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Un film de Benoît JacquotMathilde va mal. Régulièrement, elle vole dans les grands Magasins, des jouets. Parfois elle s’évanouit. Elle ne va plus travailler. Nico, son mari, ne voit rien ou ne peut rien voir, quoiqu’elle lui montre. Il est chirurgien, et cette sorte de troubles est la nuit de son jour. Elle rencontre un Docteur qui lui fait subir des séances d’hypnose. Une rêverie, ce « Docteur », une invention pour se sauver d’elle-même ?Bientôt, elle va mieux et vite très bien. Du coup, Nico va très mal, lui. Il aime sa femme, c’est sûr, plus que tout, c’est sûr, mais celle qu’il aime devient à ses yeux une autre qu’il ne sait pas aimer. Pathétique et comique sans transition, il cherche, se perd et se retrouve, aveuglé puis éclairé - Mathilde est encore là.
Le Septième ciel est un film qui parle avec beaucoup de bonhommie et de simplicité de ce qui travaille « les gens », dès lors que leurs besoins vitaux sont satisfaits, à savoir leur jouissance.Qu’on y habite les beaux quartiers et qu’on y lise les théoriciens dans le texte ne change pas grand chose à l’affaire, la frustration étant, - fort heureusement - la chose du monde la mieux partagée. Ces bourgeois ont pourtant un avantage (qui justifie que Benoît Jacquot les choisissent) : ils en parlent, théorie aidant, un peu plus franchement que la moyenne, de cette jouissance qui leur occupe la tête, et ils n’hésite pas non plus à rencontrer, moyennant espèces, ceux qui s’en sont institués les spécialistes.Le film trouve dans la description de ceux-ci (les « psy ») une parfaite et jouissive réussite, trop féroce pour se laisser abuser par leurs jeux.Au fait, la voit-on, cette fameuse jouissance dont on n’arrête pas de parler ? Bien sûr qu’on la voit, et comme le nez au milieu de la figure ! Mais il faut laisser au spectateur celle de la découvrir... Pascal KANE
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