Les Etrangers

Un film de Philippe Faucon

Programmation ACID
Cannes 1999

France - 1998
1h10 min - Couleur -
Image : Pierre Milon

Montage : Mathilde Grosjean et Philippe Faucon


Avec :
Karim Ben Sadia, Yamina Amri, Lakhdar Smati,Stephane Ferrara , Pierre Baux

Synopsis :

Avril 1995. Lorsque Sélim, jeune Marseillais d’origine algérienne, annoncent à ses parents qu’il est homosexuel, ceux-ci le rejettent. Appelé sous les drapeaux, il décide de s’engager comme casque bleu en Bosnie.


Texte de soutien de l'ACID :

A l’heure où la guerre tonne dans les Balkans, où les horreurs de l’épuration ethnique se propagent en Europe, le film de Philippe Faucon résonne d’une étrange façon. La partie centrale des Étrangers décrit la vie de jeunes français chez les casques bleus et leur quotidien au camp près de Bihac alors que Serbes et Bosniaques s’affrontent dans les montagnes alentour. le but de ces soldats étant humanitaire, ils sont donc engagés dans le non-engagement propre à leur mission. En montrant cela, Philippe Faucon retourne alors le gant de l’imagerie télévisuelle qui renonce à nous rendre compte de la réalité.En reconstituant à partir de témoignages de la vie, la routine, l’ennui, les conflits d’un microcosme militaire, il nous donne à sentir la présence des êtres et des choses Oui, les soldats ont un corps, les fusils-mitrailleurs ont un poids et les treillis ne sont pas des costumes. Le conflit est laissé hors champ. Ce que l’on voit, c’est comment cette guerre agit sur des hommes, sur des corps qui ne la font pas, qui s’ennuient et qu’il faut occuper alors que la chaleur leur monte à la tête. C’est absurde et pourtant nécessaire, voilà le conflit dans lequel sont pris les soldats. C’est sur ce conflit même que travaille le cinéaste avec des acteurs dont la justesse est saisissante.Il n’y a pas de figurants dans les Étrangers, chaque apparition existe. La marque et le mystère de Philippe Faucon se trouvent en grande partie dans cette incapacité à donner le sentiment de jeu libre, vivant, inscrit à l’intérieur d’une mise en scène sans effet. Ce film ne cherche pas à séduire, mais à rendre compte à un moment donné d’un état du monde et c’est bien ce qui en fait le prix.Charles Castella

Films soutenus


Production

Ognon Pictures






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