Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Un film de João BotelhoLisbonne, un jour d’hiver 1994, entre 6 et 14 heures. Une femme de quarante ans désespère dans les heures qui précèdent la naissance de son premier fils. Entre rires et larmes, son compagnon, plus jeune qu’elle, invente des histoires coïncidant avec les heures qui s’écoulent, soulageant ainsi sa douleur. tragiques, comiques, chaotiques, hallucinées. Au moment où un cadavre est repêché du fleuve, le nouveau-né pousse son premier cri...
C’est l’histoire d’une femme qui regarde trop l’eau du Tage, l’eau qui n’est plus celle du fleuve, mais déjà celle e l’océan ; Océan qui ici n’a pas de nom puisqu’il est la porte ouverte à la mélancolie des départs, des découvertes, du Fado. C’est sûrement pour ça que l’on peut y tomber pour toujours. C’est l’histoire d’une séduction, celle d’une femme sortie de la villa de Gasby qui ne connaît que le bleu des piscines.C’est l’histoire d’une femme qui va accoucher là pour nous, mais avant il faut que l’amant devienne père. C’est aussi la preuve que « Les Demoiselles de Rochefort » sont de tous les ports. Les Trois Palmiers, c’est une histoire et un matin à Lisbonne. Le film de Botelho est une évidence si on demande à João de faire un film sur Lisbonne. C’est Lisbonne qui raconte le cinéma. C’est en partant des bords du Tage qu’on a découvert le monde, c’est en rentrant dans l’univers de Botelho qu’on a la certitude qu’il existe un continent de la liberté, celui du cinéma.Jean-Henri ROGER
Les Films du Paradoxe
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