Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Un film de Robert Kramer et John DouglasUn portrait à facettes multiples de ces individus qui, face aux problèmes sociaux sévissant aux Etats-Unis dans les années 60 et 70, cherchaient des solutions radicales. Le film va et vient entre six narrations principales et plus de cinquante personnages.
A travers un territoire immense, il explore les modes de vie et les attitudes d’Américains de gauche confrontés à une transition non seulement personnelle, mais aussi historique dans la période de l’après Guerre du Vietnam (écrit par Laurence Kardish, Moma).
« Toute cette énergie, tout le pays en mouvement, on se sentait au centre de tout ça. La rage des Panthers, l’Université complice de l’Impérialisme... La révolution n’était pas une suite d’incidents mais toute une vie. »
Au cœur de l’éblouissante fresque de Robert Kramer, ces propos résument la tension qui articule le film, avec lequel, au mitan des années 70, Robert Kramer et John Douglas ont dressé la cartographie polyphonique d’une communauté de militants dispersés sur le territoire américain.
D’une part, le récit des années 60, période charnière de l’activisme américain, où tous les linéaments de la lutte (guerre du Vietnam, ségrégation noire, génocide indien…), sont mis en perspective.
D’autre part, le présent du film, dans la confusion de la période qui a suivi les années militantes, où comment récupérer son histoire personnelle. Comment réfléchir les questions toujours ouvertes des rapports sociaux et intimes les plus universaux : au corps, à l’autre, à la culture, au travail, aux instances de pouvoir, au territoire. Pour Hannah Arendt, ce ne sont pas les individus qui sont politiques, ce sont essentiellement les relations entre eux. C’est précisément cela que filment Kramer et Douglas. Ce qui lie ou délie les individus, les arme ou les désarme dans leur rapport au système. Où vivre, comment vivre, avec qui ? Parler, s’entraider, faire circuler l’expérience, voyager, nous proposent les cinéastes. Injonction toujours féconde à exprimer un je toujours articulé à un nous. L’incroyable liberté filmique de Milestones en fait un film « jalon », au plan formel autant que par son inscription historique. Dans un double mouvement réflexif et créatif, le film brise la dichotomie intime/extime et rassemble dans un même souffle les champs séparés de la vie. Ainsi que ceux du cinéma : documentaire/fiction, traversée des temps et des territoires ; avec pour seule justification, le je/jeu, l’exploration joyeuses d’amorces d’expérience.
Cati Couteau Cinéaste, membre de l’ACID
Capricci Films
27 rue Adolphe Moitié
44000 Nantes
Tél : 02 40 89 20 59 / 06 98 18 74 34
Fax : 02 40 89 20 59
Email : contact capricci.fr
Site : www.capricci.fr