Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Un film de Bojena HorackovaC’est l’histoire de quelques naufragés. Quelques Tchèques à Paris qui se voient entre eux seulement parce qu’ils sont tous tchèques.Mais il y a plusieurs façons d’être tchèques à Paris.On peut l’être comme Sacha et Bivoj, qui se débrouillent à forces de combines.Ou l’être comme les derniers arrivants qui ne sont plus exilés, puisque, aujourd’hui, rentrer à Prague n’est plus une utopie.Magda voit Paris comme le lieu de tous les possibles.Pour Mirek c’est la ville de l’échec, même s’il le vit avec légèreté et innocence.Le film parle du désarroi de ces exilés sans exil.Mais si Mirek n’est pas parti, ce n’est qu’une question de jours ?
Faut-il en rire ou en pleurer ? Partira ou partira pas ? Drôle ou cruel ? Etrange film que celui-là : noir et jubilatoire, perpétuellement sur le fil du rasoir, entre dérision et tendresse, où son héros - Mirek - coincé à Paris par une série d’événements loufoques (qu’il n’a pas voulu ?), est victime de tous les malheurs du monde... A moins qu’il ne les ait attirés pour mieux s’en servir et rechercher la compassion de ses pairs (particulièrement celle des femmes) ?Il y a du Schweyk dans ce personnage : c’est la fable éternelle du chêne et du roseau qui, tel Mirek, plie sous le poids de l’Histoire pour mieux la contourner.Coincé dans les appartements clos d’un Paris peu accueillant, perdu dans sa petite communauté tchèque (« famille je vous hais ») qu’il n’arrive à quitter à force d’être arnaqué par elle (et de l’arnaquer), Mirek est-il le jouet ou le plus malin par opportunisme ? Il faut le voir - sublime de dérision - courir en caleçon sur les toits de Paris à la recherche d’une tourterelle échappée du couple (en cage), offert à sa copine pour mieux la séduire...Fiction savamment écrite et interprétée, filmée comme un documentaire (dans la pure lignée de la tradition du jeune cinéma tchèque des années 60), ce cinéma qui ne juge pas, ne commente pas, refuse tous les pathos, coupe ses scènes avec une brutalité qui désarçonne... rit de ses personnages parce qu’il les aime. Et révèle un sacré petit bout de bonne femme (et sacrée comédienne) - Bojena HORACKOVA - signant là son premier long-métrage qui - tel un bonbon acidulé - laisse en bouche un goût étrange qui dérange.Jean-Pierre THORN
Why not Distribution
Why not Productions
1 bis Cité Paradis
75010 Paris
Tél : 01 48 24 24 50
Fax : 01 48 24 24 51
whynotproduction...
www.whynotproductions.fr