Os Mutantes

Un film de Teresa Villaverde

Portugal/ France - 1998
94 min - Couleur - 35mm

Sortie : 28 avril 1999

Sélections et prix :
Un certain regard - Cannes 1998
Scénario : Teresa Villaverde
Image : Acacio De Almeida
Son : Vasco Pimentel et Joel Rangon
Montage : Andrée Davanture


Avec :
Jorge bruno Gomes, Ana Moreira, Paulo Pereira, Alexandre Pinto, Helder Tavares, Nelson Varea

Synopsis :

Andreia, Pedro, Ricardo refusent les choses telles qu’elles sont, ne se sentent bien e part. Ils ne baissent jamais les bras, sont toujours en quête. Ils ont en eux une force visible qui se répand partout, quelque chose qui est sur le point d’exploser. Ils débordent d’énergie, du désir de changer les choses, de vivre autrement. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent mais il y a sans cesse quelque chose qui les dérange. Ils vivent avec la nécessité constante du vertige, de la dislocation, du mouvement. Ils n’acceptent pas la place qu’on leur a imposée avant même qu’ils aient eu la possibilité de choisir quoi que ce soit. Ils n’acceptent pas cette place et c’est pour ça qu’ils ne l’occupent pas. Mais rien n’a été prévu pour eux. Ce sont des survivants. Ce sont des mutants portugais mais il y a aussi des mutants partout ailleurs. Le monde préférerait sûrement qu’ils n’existent pas mais ils existent. Tout au long de cette histoire, ils rêvent, pleurent, rient, ont des enfants, meurent et s’enfuient.


Texte de soutien de l'ACID :

Films noirs.Une cour ouverte, inscrite dans un temps indéfinissable, Rodriguo, Illyr, la pute qui trahit, la mère, tout un groupe de personnages que l’on identifie précisément, une histoire contemporaine de drogue et de deal qui ne peut que terminer mal. Cour interdite est un film unique, il ne se rattache à aucun des films qui ont traité de la drogue et de la banlieue. Cette cour sûrement bien réelle devient un décor, les personnages qui se débattent entre misère et démerde semblent sortir d’un film de Hawks ou parfois de Pasolini. Vous avez compris ce film ne ressemble à rien d’autre, il s’en dégage une force qui semble transformer la misère en poème de révolte. Film anachronique qui, s’il se rattache à une tradition, c’est celle de la trilogie noire de Léo Mallet, l’époque où le roman populaire flirtait avec les surréalistes. La force de Cour interdite tient à cette originalité de la forme qui cultive le paradoxe d’être populiste et à l’antipode du naturalisme, de nous raconter une histoire très contemporaine en cultivant anachronisme temporel.Cour interdite brouille les codes, déstabilise les références pour faire émerger des personnages, des corps qui nous montrent que la souffrance des êtres filmés avec force interdit de ne pas regarder. Cour interdite fabrique seconde par seconde cette joie faite de certitude et de révolte : c’est de cette cour, de ces corps, de ce désespoir que naît la beauté. Beauté des films noirs qui nous disent depuis longtemps que l’avenir appartient aux désespérés.Jean-Henri ROGER

Films soutenus


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