Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. » François Zabaleta, cinéaste
Un film de Armel HostiouParis, le temps d’une journée charnière dans l’existence de Bianca, Thalat et Pierre.« Paris, a pivotal day lived by Bianca, Thalat and Pierre. »
Rives est un film de science fiction. Un film qui fait peur. Et pourtant rien n’éclate, nous ne sommes pas dans un monde différent du nôtre, il n’y a pas vraiment de risque : d’où vient alors cette menace qui pèse constamment sur les images ? Pourquoi se sent-on si étranger face au connu ?Raymond Carver, en parlant de l’écriture, disait qu’il trouvait toujours bon qu’un sentiment de menace, même léger, soit présent dans une fiction. Cela permet de mettre à distance son objet, de le faire craindre, de le faire connaître différemment. Autrement dit : la perception des choses, leur connaissance, est une histoire de perspective. Rives bouleverse nos perspectives sur la ville et ses moments mécaniques et ordinaires. On y voit trois trajets humains au sein d’une journée comme une autre. Et cela devient extra-ordinaire. C’est une pure affaire de regard, une expérience essentiellement cinématographique. Deux adultes et un enfant, seuls, traversent Paris du matin au soir. Ils ne se croisent pas, ils ne se connaissent pas. Ce sont des étrangers : étrangers les uns aux autres, étrangers à l’espace inconfortable et dangereux, étrangers au temps lorsqu’ils s’absentent ou s’extraient du rythme contraignant de la ville. C’est ainsi que Rives bouleverse tous repères et coordonnées existentielles. Le sentiment de familiarité et d’appartenance est réinterrogé ; on ne reconnaît plus les espaces, on doute du temps. C’est là que se situe sa menace. Dans le film, chaque instant devient alors crucial : un pas de plus dans la vie, un pas de plus vers la mort. Damien Manivel et Chiara Malta, cinéastes
Filmographie : 2008 CM /Lost you ;2006 CM / World was on fire and no one could save me but you ;2005 CM / Contre Temps ;2004 CM /Kino ;2004 CM /Chorus ;2003 CM / SolosL’ACID soutient le cinéma indépendant depuis 20 ans.
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