Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
Un film de Hicham LasriCasablanca 1999. Un air d’incertitude plane sur le Maroc et sur Mikha, un marginal. Il trouve en Daoud, commissaire de police, un père, et l’amour auprès de la charmante Rita, surveillée par ses frères. 1999 in the streets of Casablanca. Mikha, a misfit parking guard finds a father in Daoud, a police superintendent, and falls in love with Rita.
Dès le générique, on commence la tête en bas et l’on pressent que rien dans ce film ne sera bien normal. Vision apocalyptique d’un pays en fin de règne, The End réussit l’exploit de naviguer dans un surréalisme total tout en étant ancré dans une réalité poisseuse. C’est qu’ici, dans cet univers hallucinatoire, tout n’est que métaphores, images à double, triple, quadruple sens. Les êtres vivent au niveau du caniveau, mais les mouvements de caméra s’étirent vers le ciel, les paroles sont ordurières mais les désirs d’une pureté angélique, les actes sont brutaux mais l’espoir tire chacun vers un paradis en forme de mirage. On pourrait prendre ce film comme un exercice de style baroque et ce ne serait déjà pas si mal tant l’invention visuelle est présente dans chaque scène, mais ce ne serait qu’aveuglément face à sa portée profonde. Derrière la folie ambiante, les personnages sortis de comics, nous avons affaire à une satire sociale d’une crudité et d’une violence inouïe. Les influences cinématographiques sont ici digérées, malaxées et régurgitées dans une œuvre qui finalement ne ressemble à aucune autre. Un poème cru et cruel où l’imaginaire est le meilleur révélateur de la violence du monde.
Emmanuel GRAS, cinéaste
La Prod Lamia Chraibi prodlamia gmail.com
Cannes 2012 : Face à l’insoutenable légèreté du monde - Africultures. Un article de Olivier Barlet.
The End, de Hicham Lasri - Grand Ecart. Un article de Julien Wagner
Vers nulle part - The End - Critikat.fr. Un article de Arnaud Hée.