Visiblement je vous aime

Un film de Jean-Michel Carré

France - 1995
100 min - Couleur - 35mm

Sortie : 17 janvier 1996

Scénario : Claude Sigala, Jean-Michel Carré
Image : Hughes de Haeck, Thierry Ducom
Son : Alain Garnier, Jean-Paul Guirado

Musique : François Peyrony

Avec :
Denis Lavant, Dominique Froh, Jean-François Galotte, Vanessa Guedj, Lionel Melet, Marie Roversi, Claude Sigala

Synopsis :

Délinquant récidiviste arrêté à la suite d’une agression, Denis se voit proposer par un juge le choix entre la prison et un stage de réinsertion au Coral, « lieu de vie » pour jeunes psychotiques. Au Coral, Denis, mal dans sa peau, écorché vif et solitaire, vit d’abord douloureusement la promiscuité avec des personnes si différentes de lui.>Peu à peu, les démarches d’approche malhabiles et sincères de ces jeunes vont l’amener à modifier son regard sur le monde. Pour la première fois il ne se trouve plus dans un rapport de survie ou de consommation mais se sent socialement et humainement utile.Au contact de leurs souffrances, de leurs jeux, de leurs larmes et de leurs rires, il va se révéler à lui-même, découvrir des sentiments inconnus et exprimer l’intense besoin de tendresse qu’il porte en lui.


Texte de soutien de l'ACID :

C’est aussi à travers le parcours d’un individu particulier que l’on peut visualiser les ravages de toute une société, et le manque de responsabilité de chacun face aux problèmes des autres. Par exemple, nous ne voyons pas les familles (une fois, un tout petit peu), nous ne voyons pas le contexte social, rien du parcours individuel, et pourtant nous comprenons toute la machination, nous la visualisons mentalement, elle est présente... Là ce n’est pas comme dans l’autobus, on ne tourne pas la tête parce que le tic de quelqu’un nous dérange ou nous perturbe... On le regarde et on l’écoute. Parfois on approche quelque chose, on croit comprendre, en tout cas on accepte. Et même si l’on y voit quelqu’un qui bave, un handicapé, l’angoisse de l’un ou la phobie d’un autre... il n’y a pas de compassion, il n’y a pas de pitié, de fausse culpabilité, ou de malaise. J’aime ce côté, ceux sont des gens aussi, point. Je ne me sens pas éloignée de certains personnages, (bien au contraire !) et je me sens concernée par ce qui se passe. Personne n’est à l’abri d’une crise de lucidité, d’une faiblesse... et si l’on ne connaît pas d’handicapés, on connaît tous une personne qui s’est retrouvée un jour « dans un centre dans le sud »... Le ton du film est sincère. Il n’y a pas d’espèce de bonne conscience. Ce n’est pas pleurnichard. Ce n’est pas caricatural. Au moins n’a t-il pas fait jouer les dingues par des acteurs. J’aime l’idée que l’on peut faire des films avec tous, le ton réel, le côté cru. Je n’ai pas senti de manipulation ou de démontage de ce qui se fait, de ce qui se vit. Du coup je suis contente que ce lieu existe, je ne me dis pas « oh la la, c’est le centre du Patriarche, ça sert à rien, c’est baba machin... ». J’y aime la volonté, la détermination de ce personnage puissant, qui dégage cette énergie et qui fait en sorte, aussi, que tout soit possible... Et il a du courage. Parce que franchement, dans notre chère société, si l’on ne fait pas toujours attention, il y a, en effet, de quoi devenir dingue ! Mais tout le monde essaye de s’en sortir !Et j’aime ce film pour sa tendance au fond positive et optimiste.Zaïda GHORAB-VOLTA

Films soutenus


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