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LE GRAND VOYAGE - Fiche technique
LE GRAND VOYAGE

de ISMAEL FERROUKHI

France/Maroc
0 min

35mm
1,85

Sortie : 24 novembre 2004


Scénario : Ismaël Ferroukhi
Image : Katell Djian
Son : Xavier Griette
Montage : Tina Baz
Musique : Fowzi Guerdjou

Avec  Nicolas Cazale, Mohamed Madj, Jacky Nercessian, Ghina Ognianova, Kamel Belgahsi, Atik Mohammed, Malika Mesrar El Hadaoui

Production  HUBERT BALSAN, OGNON PICTURES, ARTE FRANCE CINÉMA, SOREAD 2M, CASABLANCA FILMS PRODUCTIONS, LES FILMS DU PASSAGE

Distribution  PYRAMIDE
5 rue du Chevalier de Saint-George
75008 Paris
Tél: 01 42 96 01 01 / 10  |  Fax: 01 40 20 02 21
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Autres soutiens  CNC, Centre Cinématographique Marocain, FASILD, Fondation Gan pour le Cinéma, Soficas, Cofimage 14, Gimages 6
SYNOPSIS
Alors qu'il s'apprête à passer le bac, Réda, fils d'immigrés marocains, se voit contraint d'accompagner son père en pèlerinage à La Mecque. Mais pour le vieil homme, le voyage ne peut se faire qu'en voiture... D'emblée, le périple s'annonce difficile. Peu habitués à se côtoyer vingt-quatre heures sur vingt-quatre, père et fils s'avèrent incapables d'établir le dialogue. Et plutôt que de chercher à se comprendre, chacun manifeste à l'autre hostilité et rancoeur. Pourtant, d'une rencontre fortuite à une nuit passée à la belle étoile, les deux hommes apprennent peu à peu à s'accepter. Il leur faudra encore parcourir 5000 kilomètres et traverser l'Europe et le Moyen Orient pour, enfin, réussir à se parler.

TEXTE(S) DE SOUTIEN DE L'ACID
«Dieu propose aux hommes des paraboles »
(Le Coran)
La grande force du film d'Ismaël FerrouKhi, c'est de nous plonger dans une fiction où naturalisme et psychologie sont balayés dès les premières scènes. En une dizaine de plans essentiels, est révélée, la situation d'une famille maghrébine dans une cité de la banlieue française... Quelle beauté dans le silence tendre et résigné de la mère et de la petite sœur, et dans la douleur, puis la révolte du fils quand le père lui demande de le conduire au pèlerinage de La Mecque. Puis l'acceptation finale que l'on comprend au simple geste de ne pas répondre à sa petite amie qui s'affiche sur le portable...
Nicolas Cazale, est très émouvant dans son jeu de fils rebelle et respectueux. Ce qui est raconté là n'a rien à voir avec une sociologie de l'exil mais avec un mouvement de l'âme et si on veut raconter l'émotion que procure ce film, viennent à l'esprit une multitude de détails rapides, de petits gestes, de silences... La communauté aperçue et saluée par les portières de la voiture, le fils qui profite des embouteillages pour essayer d'envoyer un SMS à sa petite amie, le père endormi au moment de passer la douane italienne, le tapis de prière sur une aire d'autoroute... L'embardée sur l'autoroute provoquée par le père pour affirmer son autorité : « tu es têtu, mais ici c'est moi qui décide. »Mohamed Majd, le père, a l'élégance et la gravité sombre des hommes du désert, son regard scrute les réactions de son fils, de la géographie, du ciel, il n'a pas besoin de carte pour s'orienter et s'il s'égare où tombe malade il prend le temps de la prière pour retrouver le chemin...
Car lui aussi est issu du monde nomade qu'il traverse, pressé par l'urgence et la rudesse de la vie. Contraints de rouler sans cesse, c'est un voyage qui ne se soucie pas du lieu où ils coucheront le soir.
Dans cette relation père/fils, les rencontres (cette vieille femme quasi spectrale qui s'invite dans la voiture), les obstacles : la voiture recouverte dans la nuit de neige transformant le véhicule en igloo, le père mourant hospitalisé puis miraculé par la lecture du Coran, font partie de l'initiation spirituelle.
Quand le père échange l'appareil photo contre un agneau qu'il ne parvient pas à égorger, on pense au sacrifice d'Abraham. Cette mise en abîmes du récit biblique, on le retrouve dans le rêve de Réda, qui s'enlise dans les sables du désert pendant que son père transformé en berger s'éloigne avec le troupeau.Dans cette traversée de la Serbie, de la Croatie, de la Bulgarie et de la Turquie, jusqu'à l'arrivée en Arabie Saoudite, le père, issu d'une culture ancestrale, reconnaît les codes, tandis que le fils ne fait que découvrir ses racines. Et avec lui nous sommes complètement sidérés par la vision des millions de fidèles vêtus d'un habit blanc et qui se rendent en procession à la grande mosquée de La Mecque.
Un art de l'ellipse où la poésie jaillit des faits, des gestes, des objets. Dieu est là avec intensité dans ces ellipses... Rien à voir avec les fous de Dieu actuels.

Jacques Kebadian

FILMOGRAPHIE
2004 LE GRAND VOYAGE
1996 L'INCONNU (CM)
1993 L'EXPOSE (CM)


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LE GRAND VOYAGE

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