SYNOPSIS
Lors de ses vacances à Brest, une jeune parisienne tombe amoureuse d'un marin. Mais l'automne arrive et les deux amants doivent se séparer. Ils s'écrivent, chacun vivant sa vie, lui à Brest avec ses copains, elle à Paris dans l'attente de le revoir. Leur amour résistera-t-il à la distance ?
TEXTE(S) DE SOUTIEN DE L'ACID
Pourquoi amener à Cannes, temple de l'actualité, le film d'un cinéaste mort tourné en 1962 quand tant de films restent à la porte ? Eh bien parce qu'il faut rafraîchir la mémoire, parce qu'un film ne se regarde pas juste une semaine, parce que l'amour pour un film est la seule raison qui vaille… mais surtout parce que « L'Amour à la mer » nous rappelle qu'on peut être léger et dire beaucoup de choses sur une époque, sur les gens simples, sur leurs problèmes existentiels et tout ça dans la jubilation d'une écriture cinématographique totalement libre et ludique. Guy Gilles utilise tout : la chanson populaire, la voix off, la photo, le flash back, un montage qui se construit comme une musique, qui n'a pas peur des ellipses, un récit vagabond dépourvu de dramaturgie ampoulée. Il raconte une bluette sentimentale, parle des rideaux de la grand-mère et nous voyons l'amour, l'attente, les doutes, les conditions de vie difficiles, la guerre, l'amitié, l'espoir. Ce n'était pas pensable de ne pas montrer ce film, nous en avons trop besoin.
Marie Vermillard
"L'Amour à la mer" est un beau premier long métrage ardent et tremblant (1962-1965, le temps de le tourner sans le sou), réalisé par une jeune homme de 25 ans, dix ans de moins qu'un autre jeune homme, Paul Vecchiali, lorsqu'il tourne "Les Ruses du diable" en 1965 – tous deux avec la même interprète principale, Geneviève Thénier, qui jouera deux années plus tard avec d'autres marins dans "Les Demoiselles de Rochefort" de Jacques Demy, lequel avait tourné "Lola" en 1961, un an avant que Guy Gilles, non à Nantes mais à Brest, ne fasse chanter Lili Bontemps ("Lili Lamour") dans un cabaret… À ce petit jeu (de pistes), on peut arpenter Brest et Paris, et découvrir le "pan coupé" d'une époque contenue en plans de coupe dans un film fredonné à la manière d'une chanson d'amour réaliste par Guy Gilles, ce bel acteur aussi, sorte de Gérard Blain gracile à la bouche d'Albert Camus, et dont le cinéma aujourd'hui, comme chante Damia dès l'ouverture, fait encore figure de "l'étranger" « qui par l'amour délaissé ne trouva pour le bercer que la mer câline ».
Sandrine Rinaldi
FILMOGRAPHIE
L'Amour à la mer, 1964 Les Cafes de Paris, 1966 Au pan coupé, 1967 Clair de Terre, 1969 Le Jardin qui bascule, 1974 Paris un jour d'hiver, 1975 La Loterie de la vie, 1976 Le Crime d'amour, 1982
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L'AMOUR A LA MER
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