Nous restons stupéfaits lorsque nous découvrons de tels documents. Cet homme à la caméra nous donne à voir et à entendre, dans ce huis clos, une radiographie de ce qu’est aujourd’hui, en Grèce, une justice expéditive dans laquelle se débattent plaignants et coupables présumés. Themis dessine des traces de vies qui se superposent les unes aux autres et s’inscrivent dans cette longue histoire de rendre justice. Parce qu’ils ont déjà été là, certains des personnages, que nous découvrons dans ce tribunal, semblent presque enjoués et malgré leur goût immodéré de la procédure ils perdent pied mais rien ne semble vraiment grave. Cependant, ils doivent composer avec la rapidité avec laquelle chaque cas est traité par des professionnels inébranlables qui pressent le pas, tout en restant immobiles, derrière leurs feuilles de papier blanc qui leur servent de chambre de délibération. Nous restons alors sans voix devant les encoignures de l’âme humaine et les recoins de la vie civique du pays.
D’une certaine manière, le film est un petit précis de décomposition. Et nous nous demandons alors si ce mouvement est irréversible ? S’agit-il de la justice qui nous attend tous ?
Avec une économie de filmage élémentaire, sans effet de mise en scène, le cinéaste nous fait découvrir toute la rectitude séculaire de l’ordre qu’incarne la justice qui ne transige avec presque rien ni personne et son propre processus de déconstruction dont nous sommes désormais les observateurs. C’est tout le mérite de ce film de parvenir à faire cette distinction.
Luc Verdier-Korbel, cinéaste
Comment définir la justice, se base t elle plus sur les apparences que les faits? Un juge concerte derrière une feuille A4, la délibération va commencer, et en un instant justice sera faite. S'agit il d'une justice bâclée ou d'une démonstration d'efficacité du monde dans lequel nous vivons. Une homme s'insurge d'avoir été heurté par un taxi puis injurié, une femme albanaise munis d'un faux passeport tente de rentrer en Grèce, un tzigane dans un bus bondé de monde accusé de tous les torts, une femme lutte pour la garde de son fils, autant d'histoires humaines se dressent aux yeux des spectateurs dans une quête acharnée de démocratie, d'égalité et de justice pour tous.
Dans un réel souci d'économie, une approche minimaliste et sans prétentions,
Marco nous livre un documentaire dans toute sa pureté.
Teona Mitevska, cinéaste