L’Autre monde

Un film de Merzak Allouache

France, Algérie - 2000 -

Sortie : 7 novembre 2001

Scénario : Merzak Allouache
Image : Georges Lechaptois et François Khunel
Son : Dominique Warnier et Gérard Rousseau
Montage : Sylvie Gadmer
Musique : Gnawa Diffusion

Avec :
Marie Brahimi, Nazim Boudjenah, Bouaïche Abdelkader, Michèle Moretti

Paris 1999. Yasmine, d'origine algérienne,est sans nouvelles de son fiancé Rachid, parti sur un coup de tête s'engager dans l'armée algérienne. Inquiète de son silence, elle part à sa recherche. Seule dans un pays dont elle ne parle pas la langue, Yasmine apprend qu'il est tombé dans une embuscade sanglante tendue par des islamiques fanatiques. Persuadée qu'il est vivant, elle poursuit sa recherche et s'enfonce au cœur de l'Algérie, bravant la violence et le terrorisme. Surveillée, prise en otage, traquée mais aussi aidée parfois, sa quête l'amène au plus profond des contradictions d'un pays déchiré.


Texte de soutien de l'ACID :

Eloge de l’exil
Je suis dans un drôle d’état pour écrire ces lignes, les tours viennent de tomber et je ne peux pas m’empêcher de penser à la violence à venir de la puissance impériale contre les coupables. Horreur qui préside à la logique de ceux qui s’arrogent le droit de la mort, calculant avec cynisme que la réponse qui viendra sera elle aussi dans l’horreur de la responsabilité collective. Miroir de l’horreur. Cette logique est présente dans le film de Merzak, entre la mort de l’embuscade de L’Autre monde et l’acte de guerre d’aujourd’hui, la logique est la même, seule l’échelle change. Double chantage où la désertion est condamnée à mort. Dans le film de Merzak, la position de l’exil est la réponse à l’horreur. Quand le personnage principal, madone et à la fois Antigone quitte son exil pour rechercher son amant déserteur, sa trajectoire ne peut se terminer que dans un no man’s land. Seul lien où la liberté, l’amour est possible, exil intérieur illusoire qui sera détruit par un autre déserteur qui lui ne peut imaginer l’exil. Qui ne peut le faire tant le lieu qu’il déserte, un maquis islamiste, lui a appris que le moteur de l’Histoire et de son intimité est la frustration. La position de l’exil n’est pas présente comme question, pour les personnages, elle organise la fiction comme les cadres. La position de l’héroïne, Yasmine, permet au spectateur d’être à la bonne distance pour comprendre la réalité complexe que décrit Merzak. Le voyage de Yasmine à travers l’Algérie des maquis, l’Algérie urbaine et celle du désert, est filmé de cette position particulière du regard de l’exilé, fait à la fois de fascination et de familiarité. Le film de Merzak est aussi un magnifique film sur le désir et la perte. Je me sens désolé de l’écrire aujourd’hui car le sentiment de plaisir intense que j’ai eu pendant la projection me semble aujourd’hui difficile à décrire. Mais les tours qui tombent nous disent aussi que nous avons besoin d‘oeuvres qui refusent le miroir de la mort, celles de Merzak ont toujours été de ce côté là.

Jean-Henri ROGER, cinéaste

Les Films


Distribution

Ad Vitam
71 rue de la Fontaine au Roi
75006 Paris
Tél : 01 46 34 75 74
Fax : 01 46 34 75 09
contact@advitamd...
www.advitamdistribution.com


Production

Lancelot Films


En VoD sur UniversCiné

Voir le film

Merzak Allouache : « On me conseillait de renoncer à tourner en Algérie » Introduction

L’autre monde marque le retour du cinéaste vers l’Algérie après sept ans d’absence... Il s’explique sur les difficultés d’un tournage-témoin d’une violence que subissent tous les Algériens.

Voir la vidéo de Philippe Piazzo sur UniversCiné




© 2011 L’acid - Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion | réalisation site : quidam.fr