Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
Retrouvez dans cette rubrique les films présentés dans le cadre de la programmation ACID à Cannes, depuis ses débuts en 1993.
Les cinéastes réunis au sein de l’ACID ont le plaisir de vous dévoiler quels films l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion présentera cette année à Cannes, du 17 au 26 mai.
Outre la France, les pays de production ou co-production de ces films sont l’Allemagne, la Belgique, l’Egypte, Israël, le Maroc, le Qatar et le Sri Lanka. La plupart (sept sur neuf) sont sans distributeur à ce jour et on notera que deux d’entre eux ont été autoproduits. Six sont des premiers longs.
Les séances cannoises de l’ACID sont ouvertes à tous les spectateurs, et sont suivies d’une rencontre entre les équipes des films, leurs “parrains” de l’association et le public.
Comme l’an dernier, l’ACID, qui soutient activement la sortie en salles d’une quinzaine de films indépendants par an, organisera également à Cannes, en association avec leurs distributeurs, des séances spéciales, destinées aux exploitants et à la presse, de trois films dont la sortie est prévue dans les mois suivant le festival.
Vous trouverez ci-dessous un texte de présentation générale et la liste de tous ces films, dont des fiches plus détaillées seront accessibles sous peu.
PROGRAMMATION ACID - CANNES 2011
Découvrez la programmation ACID Cannes 2011...
Les deux-tiers (six sur neuf) sont des premiers longs métrages. Six sont des films de fiction, pour trois documentaires. Outre la France, les pays de production ou co-production de ces films sont l’Allemagne, la Belgique, le Chili, la Chine, l’Iran, l’Italie et la Suisse. Huit courts métrages seront également proposés par l’ACID (liste infra).
Une innovation : l’ACID, qui soutient activement la sortie en salles d’une quinzaine de films indépendants par an, organisera cette année à Cannes, en association avec leurs distributeurs, des séances spéciales, destinées aux exploitants et à la presse, de films dont la sortie est prévue dans les mois suivant le festival. Une présentation plus détaillée de ces films et de leurs réalisateurs vous sera adressée dans quelques jours.
Bon festival !
ÉDITOS CANNES 2010
« çA FAIT PAS CINÉMA ! »
La formule péremptoire lancée par un spectateur « professionnel » à l’issue du film que je viens de voir n’est-elle pas révélatrice des temps qui courent ? Aujourd’hui des choses « le font » et d’autres « ne le font pas » et les notions d’apparence priment souvent sur celles d’appartenance... Serait-ce symptomatique de la période que nous traversons ? Pour que mon EDITO CANNES 2010 fasse un peu plus cinéma, dois-je l’écrire au format 2,35 ? Alors que la pellicule disparaît des magasins de caméra, que les laboratoires argentiques ferment un à un, que les salles de cinéma s’équipent une par une en numérique, nombreux sont les cinéastes indépendants qui s’inquiètent de cette nouvelle donne. L’arrivée de gros tuyaux permettant d’inonder, n’importe où, n’importe quand, n’importe quelles images numériques, sera-t-elle l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore ? Des exploitants de salles indépendantes confondront-ils un jour « l’art et essai » avec « l’art de l’essai » (formule emprunté à Joël B, fan comme moi du rugby et du 7e art) ? Faut-il s’attendre, dès cet été, à des projections de matches de foot dans des salles obscures pendant la coupe du monde en Afrique du Sud ? Les salles de cinéma que l’on a vénérées pour avoir vécus grâce à elles bien des voyages continueront-elles de « faire cinéma » ? Alors que certains s’accordent depuis quelques temps déjà pour clamer qu’il y a « trop de films » (sans jamais tomber d’accord lorsqu’ils s’agit de désigner ces films ou de pointer le nombre de copies de celui-là...), combien d’écrans deviendront-ils encore plus pâles lorsqu’il s’agira d’accueillir une certaine idée de cinéma face à la nouvelle offre numérique et les possibilités de projeter du « hors film » qui paraîtront peut-être « plus le faire »... pour remplir une salle ?
Malgré ces inquiétudes, une quinzaine de cinéastes se sont mobilisés à l’ACID pour visionner près de 200 longs-métrages et vous en proposer cette année encore 9 à Cannes. Des femmes et des hommes qui s’engageront derrière des écrans, toute l’année, comme chaque fois, pour faire partager à des spectateurs des films qu’ils ont aimés. Ne comptez pas ici sur moi pour vous dire lequel de ces 9 films « fait le plus cinéma » et souhaitons juste que des cinéastes, au milieu de tuyaux qui ne cessent de surgir pour imposer souvent un même produit, trouvent toujours le temps et l’énergie de se réunir bénévolement afin de continuer à vous proposer des cinématographies d’autres cinéastes, différents, mais qui « sont »... tout simplement !
Gilles Porte (co-président de l’ACID)
JOUER ENCORE
Alors que souffle, souffle la tempête, les heureux programmateurs de cette sélection (dont je suis) ont pu constater que les jeunes et moins jeunes cinéastes du monde ont envie de tenir bon, ont besoin de tenir bon. Ils font des films coûte que coûte, travaillent malgré tout, avec ou sans moyens… Les images en mouvement et les sons qu’ils nous ont envoyés sont autant de signes de vitalité, de courage, de persévérance, d’espoir, de désir. En France aussi, à l’instar de pays moins dotés (vigueur du Mexique, de la Turquie, de la Chine…), de jeunes réalisateurs se battent contre une idée de la culture de luxe, une culture uniforme et installée. La diversité, la différence, sont essentielles pour eux. Désir de rencontrer les spectateurs, leur regard, leur pensée et leur cœur. « The show must go on » semblent dire ces cinéastes, ils veulent jouer encore, regarder le monde, montrer le monde, avec d’autres yeux, d’autres oreilles, par d’autres voix, sous d’autres angles, par d’autres fenêtres. Les cinéastes membres de l’ACID sont animés de ce même désir de faire voir et jouent ici un rôle de passeurs. Pour qu’à la question : « Qu’est-ce qui se joue au cinéma ce soir ? » on puisse répondre : « Un cinéma-grain-de-sable (par opposition à grande machine) ».
Aurélia Georges (Co-présidente de l’ACID)
EDITOS ACID CANNES 2010
15 ans d’ACID à Cannes
2009... Va falloir se serrer la ceinture... C’est la crise !!!
Et si finalement à l’ACID nous avions un avantage par rapport à d’autres ?
La crise... Cela ne fait-il pas 15 ans qu’on la conjugue ici ?
15 ans que des cinéastes se mobilisent pour essayer de permettre à des images et des sons d’autres cinéastes de trouver un écran et de provoquer des rencontres...
Au cours de ces 15 années à Cannes, combien ont-ils clamé que l’existence même de l’ACID était un acte de folie ?
Alors aujourd’hui... Vous imaginez ?
De la folie de programmer en toute liberté des oeuvres singulières parfois si éloignées des lois d’un marché....
De la folie de s’engager sur « les films des autres » à l’heure ou l’individualisme et l’égoïsme guident les pas de beaucoup...
Peut-être est-ce justement ce petit grain de folie, que d’autres appelleraient « l’utopie » , qui a donné envie à l’artiste Pierre Etaix d’accepter de peindre notre grand voile ACID CANNES 2009 afin de signaler qu’au milieu des marées un petit navire flotte encore au large, si loin de la route que croisent les cargos et les tankers...
Ce petit grain de folie qui a fait aussi que, cette année encore, 18 cinéastes ont visionné 193 films pour vous en proposer 9. 9 invitations à l’aventure, à l’indépendance, à la liberté. La nôtre, la vôtre.
Alors plutôt que de s’asseoir sur un banc et de scruter l’horizon près d’une mer qui rarement ne monte, embarquez avec nous en bas d’une toile blanche afin de ne pas regretter un jour de ne pas avoir commis plus d’actes de folie...
Gilles Porte (co-président de l’ACID)
Le mot « crise » a été imprimé 253 000 fois ce mois-ci. On ne peut qu’être pessimiste… Non ! C’est là que l’ACID prend toute sa valeur : foin des mauvaises augures à moyen terme, des indices qui chutent, des dégraissages. Le travail continue ! Des films sont vus ! Des spectateurs rencontrent des réalisateurs et s’enthousiasment ! Des distributeurs choisissent de montrer des films indépendants ! Des salles de cinéma s’engagent ! A Cannes, la découverte de ce cinéma libre s’enrichit d’un espoir de distribution dans les salles françaises.
Nous continuons.
Aurélia Georges (co-présidente de l’ACID)
Cette année, les cinéastes qui ont participés au choix de la programmation Cannoise étaient nombreux. Du film court au long, de la fiction à l’essai en passant par le documentaire, les regards et les pensées s’affrontent sans jamais perdre le fondement de leur existence. Quel que soit le support, l’écriture ou le procédé filmique utilisé, les films choisis exposent nos fragiles libertés. Tous revendiquent un profond désir d’indépendance, une place également pour l’humain dans un monde où pensée et spiritualité sont trop souvent des activités vénales. Notre société oublie ce pour quoi elle existe : servir les hommes et non les asservir. Le cinéma aussi, souvent. Les films présentés par l’Acid sont peut-être et toujours les débuts difficiles d’une émancipation …
Dominique Boccarossa Cinéaste, co-président de l’ACID
Notre programmation, liée à l’engagement de plusieurs cinéastes pour le film d’un (e) autre cinéaste, reflète nos coups de cœur, nos besoins de diversité cinématographique, sans chercher à les mettre en concurrence. Nos regards, nos sensibilités se sont démultipliés pour vous montrer des films que nous aimons avec un seul objectif : vous communiquer notre enthousiasme ! Solidaires d’un cinéma du risque et de la liberté, nos choix prennent des chemins de traverse à la rencontre d’histoires, de parcours originaux, ou tout simplement de styles. L’ACID souhaite fédérer de plus en plus de cinéastes dans ce combat pour l’accès des films aux salles et pour leur programmation, pour un temps minimum indispensable, un temps « décent » pourrait-on dire.. La visibilité sur les écrans de ces films que nous aimons, dépend de la vigilance de tous . Continuons à croire aux choses déraisonnables, au souffle de la réflexion comme de la poésie, Continuons à croire à l’ouverture sur toutes les facettes de la planète cinéma, Continuons à penser que notre association de cinéastes peut-être un rempart contre une uniformisation de notre 7e art. Bref osons l’utopie !
Les cinéastes de l’ACID
L’Acid à Cannes du 18 au 26 mai 2006
« Tout est possible à condition d’être suffisamment insensé ». Pourquoi cette phrase de Thimothy Leary, lue à l’adolescence, me revient-elle aujourd’hui ? Sans doute parce que ce paradoxe scandé par l’un des fondateurs de la beat generation m’apparaît formidablement adapté à la mission de l’ACID tout au cours de l’année comme pour cette programmation cannoise que nous sommes heureux et fiers de vous proposer. Car si hélas, certains trouvent insensé de vouloir encore montrer certains films, à l’ACID nous croyons qu’il est toujours et encore possible de le faire. Nous pensons même que c’est indispensable et salutaire, et nous y croyons dur comme fer depuis maintenant 14 ans ! Aujourd’hui plus encore qu’hier, le cinéma véritablement indépendant est attaqué, réprouvé, stigmatisé. Il y a quelques années, les films n’avaient pas le temps de trouver leur public, aujourd’hui la situation est pire puisqu’ils n’ont souvent plus l’occasion de rencontrer leurs écrans !
Or nous le savons, il existe des spectateurs qui ont envie de voir ces films alors que cela leur est de plus en plus souvent interdit, il existe encore des distributeurs courageux pour les porter et il existe aussi des exploitants excités à l’idée de les montrer à leurs publics. Cette année encore, les réalisateurs de l’ACID ont décidé de vous montrer ces films qu’ils ont aimés, afin qu’ils existent, afin que d’autres éprouvent aussi l’envie de s’en emparer pour à leur tour les transmettre. Nous soutenons des films, mais par là même nous soutenons les femmes et les hommes qui les ont faits. Leurs imaginaires, leurs questionnements, leurs visions du monde nous ont passionnés. Nous souhaitons les conduire, eux et leurs films, vers vous dont nous croyons toujours en la curiosité.
Pascal Deux
William Blake
« Rien n’oblige autant à regarder les choses que de faire un film ».
Pier Paolo Pasolini
Voilà deux phrases sous lesquelles nous pourrions nous placer comme sous une bannière. Parce que, comme chaque année, la programmation des films soutenus par les réalisateurs membres de l’Acid est affaire de désir. Ce désir sans cesse ravivé par les découvertes, les rencontres de nouveaux auteurs ou d’autres déjà connus avec qui nous cheminons. Nous avons vu à travers des yeux neufs, découvert des gestes inédits, entendu des silences puissants et des musiques intérieures. C’est ce que nous désirons faire partager. Qu’ils soient politiques, poétiques, réalistes, imaginaires, tous ces films sont des fenêtres ouvertes sur le monde, sur des mondes. Les voilà donc maintenant arrivés au tout début de leur vie publique, nous vous les faisons passer, regardez-les, gardez-les.
Charles Castella
« T’as essayé l’ACID ? »
Avril 2004, Bruxelles, mixage de « QUAND LA MER MONTE… » , je me demande si mon ami est sérieux à l’autre bout du téléphone…
« A.C.I.D : Agence du cinéma indépendant pour sa diffusion »
J’appelle… C’est la veille de la clôture de la programmation … C’est comme cela que Yolande et moi débarquons sur la croisette avec nos 5 bobines sous les bras… Sur les bords de la Méditerranée, nous sommes accompagnés. Le principe de l’ACID repose sur le soutien du film par d’autres cinéastes… Nos tuteurs à nous se prénomment Marie et Joël…
Cannes, Dimanche 16 Mai 2004… Cela restera à jamais la date de la première projection publique de « QUAND LA MER MONTE… »… Il est 11h du matin, nous sommes en périphérie cannoise dans un cinéma qui s’appelle « LE STUDIO 13 »… C’est bien ici qu’une petite marée commence à monter ! Comment négliger aujourd’hui l’importance d’une projection au milieu de spectateurs, de directeurs de salles, et de distributeurs, au sein de ce qui demeure le plus grand festival de cinéma du monde ?
Dans « ACID » , il y a le « D » à la fin… Sinon, cela devient ACI… Si cette position est privilégiée par la plupart de spectateurs de salles obscures, c’est pourtant bien debout que des cinéastes filment pour tenter de proposer d’autres images et d’autres sons dans un monde où l’uniformité de pensée, le formatage et le politiquement correct guettent… « D » comme « DIFFUSION » , parce que ce n’est pas vrai qu’il y a toujours automaticité de désir du public pour les films à gros budgets marketing. Un public peut souhaiter aussi voir des films innovants, différents, malgré la sous-exposition grandissante du cinéma que nous défendons. Les films estampillés ACID le prouvent aujourd’hui.
Indépendance ? Il est amusant de penser qu’au cinéma on ne choisit pas ce statut… C’est finalement l’absence de « gros décideurs » dans le montage financier d’un film qui induit ce constat. Plutôt que de le subir, nous avons choisi de le revendiquer. Cela fait déjà 13 ans ! 13 années jamais dirigées par les tenants d’un discours dominant indexé sur les seules premières lignes du box-office.
Gilles PORTE (Cinéaste, membre de l’ACID)
Programmation Acid Cannes 1993
Programmation Acid Cannes 1994
Programmation Acid Cannes 1995
Programmation Acid Cannes 1996
Programmation Acid Cannes 1997
Programmation Acid Cannes 1998
Programmation Acid Cannes 1999
Programmation Acid Cannes 2000
Programmation Acid Cannes 2001
Programmation Acid Cannes 2002
Programmation Acid Cannes 2003
Programmation Acid Cannes 2004