La chronique des spectateurs

Le temps du festival, des spectateurs sont devenus reporters pour l’ACID à Cannes !

Retrouvez leurs chroniques dans cette rubrique...

La chronique : Noces éphémères

J’aime les films qui me font voyager…En ce sens, la 1ère séquence de Noces Éphémères m’a comblée.

Beauté des femmes et des enfants, chatoiement des costumes, magie des lieux…Dans cette grande maison familiale, éloignée de Téhéran, tout semble fait pour nous séduire et nous inviter à l’évasion. Carte postale idéale. Le charme opère à tel point que la sonnerie du téléphone portable de Mariam, jeune veuve, récemment arrivée chez ses beaux-parents avec sa petite fille, pour assister à la cérémonie familiale de la circoncision, nous fait sursauter et nous ramène brutalement à la vie moderne et à la réalité de la société iranienne. Le regard rassasié, on s’attache alors aux personnages, en particulier à Mariam, Kazem son beau-frère et Aziz, l’oncle de Kazem. Sous le flamboiement des apparences, on perçoit des fêlures ; derrière la chaleur de l’hospitalité familiale, la volubilité des femmes, leurs éclats de rires et leurs sous-entendus, on entrevoit les contraintes des codes sociaux et religieux qui s’imposent à tous et à toutes, inhibant les désirs, freinant les aspirations à l’épanouissement personnel et à la liberté de choix.

La question du mariage temporaire, institution très ancienne en Iran et méconnue de nous, très habilement amenée, va agir comme un révélateur de l’hypocrisie de cette société et du statut d’infériorité de la femme. Mais le film, et c’est une de ses forces, à aucun moment ne cède à la polémique et n’adopte le ton de la pure et simple dénonciation. C’est toujours à travers le vécu des personnages, leurs sensibilités différentes, que les problèmes sont très subtilement abordés. L’empathie du regard que le réalisateur porte sur eux en nous faisant vivre de l’intérieur leurs hésitations, leurs déceptions et leurs révoltes, nous permet de mieux comprendre les tensions qui existent actuellement dans la société iranienne et de mesurer la force de caractère nécessaire pour s’affirmer dans de telles conditions.

Nadine Mafféis

La chronique : Black Blood

Le synopsis a tout de suite retenu mon attention…mais j’étais loin du choc ressenti lors de la projection du film !

Si on est saisi d’emblée par la beauté plastique des images, le magnifique rendu du noir et blanc, c’est la lenteur du rythme imposée peu à peu par le metteur en scène qui va mettre nos nerfs à rude épreuve et rendre palpable la détresse du couple de fermiers, prêt à se sacrifier pour assurer un avenir meilleur à leur petite fille.

Quelques séquences inoubliables :

  • Les scènes matinales de gavage d’eau, sur fond de propagande à la radio chinoise, incessantes mais jamais répétitives, qui scandent le récit et en marquent dramatiquement la progression à travers l’observation de certains gestes, l’analyse des relations dans le couple et une bande-son particulièrement suggestive. Situation impensable pour nous spectateurs occidentaux qui ressentons physiquement, presque jusqu’au malaise, le calvaire que Xiaolin inflige à son corps.
  • Les passages du collecteur de sang, silhouette maléfique à la Murnau, surgie de nulle part, annoncée par le moteur pétaradant de son tracteur.
  • Le chemin de croix de Xiaolin dans la dernière partie du film, rejeté de tous dans cette campagne hostile du bout du monde où la misère et l’ignorance sont telles qu’elles excluent toute solidarité.

Dans cette tension dramatique extrême, à la limite du soutenable dans les scènes de gavage d’eau, quelques moments burlesques, filmés en extérieur : le quotidien du couple dans la cour, les réactions capricieuses des bêtes de la ferme, et jusqu’aux maladroites tentatives de suicide de Xiaolin...Ruptures de ton étonnantes qui viennent souligner jusqu’à l’absurde les tentatives dérisoires des personnages pour contrer la fatalité de leur condition.

Nadine Mafféis

La chronique : rencontre avec Pedro Peirano et quelques chats...

En ce quatrième jour de festival, les spectateurs ont eu le plaisir de découvrir Les Vieux chats de Sebastian Silva et Pedro Peirano.

Merci à Gipsy Delassus et Guy Mafféis pour leurs clichés du jour !

Photo : Guy Mafféis

Pascale Fougère, interprète, et Pedro Peirano, réalisateur du film « Les Vieux chats ».

Photo : Guy Mafféis

Stephane Arnoux, cinéaste de l’ACID, Pedro Peirano, réalisateur du film et Roland Hélié, animateur du débat.

Photo : Gipsy Delassus

Un détail du cinéma les Arcades

Photo : Gipsy Delassus

Une festivalière « en raccord avec le thème » : détail du sac...

G.D

Photo : Gipsy Delassus

Une festivalière « en raccord » avec le thème...

G.D


La chronique : rencontre avec les réalisateurs de Palazzo delle Aquile

Rencontre au Studio 13 après la projection du film...

Un grand merci à Guy Maffeis pour sa chronique et ses clichés de Stefano Savona et Ester Sparatore, réalisateurs de Palazzo delle Aquile.

Guy MAFFEIS -14 mai 2011-Cannes

Chronique du film PALAZZO DELLE AQUILE

« Il faut que tout change pour que rien ne change » Le Guépard (Visconti)

150 ans se sont écoulés et rien n’a véritablement changé sous le climat plombé de Palerme. L’occupation pendant 15 jours et nuits de la salle du Conseil Municipal de la ville de Palerme réalisée par 18 familles de sans abris afin d’obtenir un logement décent s’est soldée par une victoire à la Pyrrhus : hébergement en hôtel en attendant un hypothétique logement. On lâche un peu (si peu !) de lest pour au fond ne rien faire évoluer. Stefano Savona, Alessia Porto, et Ester Sparatore, les 3 réalisateurs du film, ont réussi ce tour de force de nous faire vivre de l’intérieur cette occupation. Ils ont saisi sur le vif l’espoir, la combativité, l’apprentissage du vivre ensemble, la solidarité mais aussi la colère, la désorganisation, la rage de ces laissés pour compte de voir les autorités municipales laisser pourrir la situation… mais aussi le jeu ambigu de 2 élus de l’opposition soutenant cette occupation ainsi que l’indifférence des autres élus et des médias locaux. Ils portent sur leurs acteurs occasionnels, protagonistes bien réels de cette action, un regard plein d’empathie. Le parallèle avec le film de Visconti ne s’arrête pas là. Le lieu et l’architecture : palais baroque situé à 300 m du Palazzo Grassi, moins munificent, mais tout aussi grandiose, protégé de la lumière extérieure, décoré de marbres sombres : lieu figé dans un décorum et une poussière d’un autre temps. Tout comme les conseillers municipaux qui hantent ces lieux. Quelques signes d’espoir dans ce décor sinistre : une femme au visage serein endormie sous une sculpture annonciateur de lendemain qui vont chanter, une enfant jouant à la marelle sur les tables des conseillers, un garçonnet chevauchant un lion antique……..

Photo : Guy Maffeis

Stefano Savona

Photo : Guy Maffeis

Ester Sparatore

Photo : Guy Maffeis

Stephane Arnoux, cinéaste de l’ACID, Ester Sparatore et Stefano Savona, réalisateurs du film et Roland Hélié, animateur du débat.


La chronique : quelques images pour Noces éphémères...

Premier jour de la programmation ACID, premières émotions...

Merci à Gipsy Delassus, spectatrice ACID qui a pris les premières photo !

Photo : Gipsy Delassus

L’affiche de l’ACID signée Speedy Graphito

Photo : Gipsy Delassus

Le cinéma Les Arcades

Photo : Gipsy Delassus

Costa Gavras et Reza Serkanian


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