Critique de Rives

Publié le 6 juin 2011

Rives, d’Armel HOUSTIOU

Rives a l’air de beaucoup de choses, mais pas d’être français. Et on aimerait savoir ce qui a inspiré Armel Houstiou. Pourtant l’histoire se déroule à Paris, où l’on suit la journée tout à fait ordinaire de 3 personnages qui ne se connaissent pas et qui, pourtant, se ressemblent. Le réalisateur va réussir à rendre la banalité fascinante. Avec un rien, l’émotion est là : on sourit en voyant ces gamins s’évertuer à dessiner la France, ou encore cette jeune fille qui coupe une tomate, en s’appliquant, gestes qui n’ont rien d’extraordinaire, mais la caméra arrive à e capter la beauté de ces instants fugaces, qui semblent quasiment volés.

Ce film français donc semble rendre hommage à de grands cinéastes qui ont pu être sélectionnés ces dernières années au festival de Cannes, comme Sofia Coppola en 2006 ou encore Alejandro Ganzàlez Inarritu en 2006 puis en 2010. De Coppola, Houstiou a repris la solitude de personnages désaxés, le monde les entourant semblant si lointain. On retrouve également un esthétisme, avec ce traitement des lumières qui forme des jolis halos, des couleurs pastels. Le quotidien est calme, paisible, l’histoire tient en deux mots, la fin ne semble pas en être une. L’importance du silence est aussi caractéristique, entrecoupé par des moments de musique éléctro qui isolent un peu plus nos héros d’un monde qui leur apparaît incompréhensible, une grande ville qui ne fait pas attention à eux.

De Inarritu, et notamment dans son film Babel, on retrouve ces destins croisés de personnages qui ne se connaissent pas et qui n’ont pas la même nationalité, la même langue et la même vie.

La seule chose qui peut nous décevoir est la raison donnée pour relier les personnages entre eux : en effet, ils se retrouvent dans leur rêve. Même si les scènes oniriques sont très belles, elles sonnent comme un prétexte pour justifier le choix de regrouper ces trois personnages. Cela semble de trop, les liens sont assez visibles : leur sensibilité exacerbée, leur solitude, leur liberté justifient implicitement le fait qu’on les ait regroupés dans un même film.

Laura Cuissard TL3

La Programmation ACID à Cannes

Chaque année, pendant le Festival International du film, l’ACID présente à Cannes 9 films, la plupart sans distributeur. Cette action permet à l’ACID de donner de la visibilité à de nouveaux talents et facilite la sortie de leurs films en salles.

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