Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Rue des cités : un film humain qui raconte les dessous de la société, dans la réalité. Carine May et Hakim Zouani, les réalisateurs, mettent en œuvre la sombre réalité des classes pauvres, dans un décor vrai de la cité d’Aubervilliers. Adilse et Mimid, les personnages principaux, enchaînent les aléas dans une banlieue sans merci avec des affronts survoltés pour montrer aux spectateurs les aspects moroses de cette société déficitaire.
Loin de cette farandole d’acteurs prétentieux, intéressés que par l’argent, les acteurs d’Adilse et Mimid jouent leur rôle de saltimbanques dans le plus d’abnégation possible et pour le plus grand bonheur des puristes du cinéma réaliste et engagé.
Le décor, un peu moins attrayant que Wisteria Lane, dans Desperate Houswives, sait tout de même convaincre avec son côté obscur et souvent négligé des classes défavorisées.
Le choc des genres comme la poésie avec le slam, les interviews de gens concernés par les cités et de psychologues, et cette documentation sur ces classes déficitaires renforce l’idée que ce film a pour but de convaincre tout public prêt à ouvrir les yeux sur ces citoyens, souvent écartés.
La structure cinématographique est très intéressante. En effet, le slam introduit et conclut l’histoire, les interviews renforcent la crédibilité et les péripéties du jeune en vélo qui progresse inexorablement dans cette cité morose et qui conclut le film avec son premier sourire sur la dernière image, rassurent le spectateur sur l’optimisme de la cité en général.
C’est donc à la perfection que Carine May et Hakim Zouani mêlent humour et réalisme dans un ouvrage de petit budget mais qui a de quoi faire peur aux grands noms du cinéma français.
Clément Dupont, élève de Seconde au lycée Bristol
Chaque année, pendant le Festival International du film, l’ACID présente à Cannes 9 films, la plupart sans distributeur. Cette action permet à l’ACID de donner de la visibilité à de nouveaux talents et facilite la sortie de leurs films en salles.