Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Christophe Kantcheff, Politis
On ne quitte pas l’Italie avec le documentaire présenté aujourd’hui par l’Acid : Pallazo delle Aquile, de Stefano Savona, Alessia Porto et Ester Sparatore, de production française, qui a obtenu le grand prix du Cinéma du Réel, à Paris, il y a quelques semaines. La scène se passe plus précisément à Palerme, en Sicile. Dix-huit familles expulsées ont décidé d’occuper le Palais municipal pour obtenir une solution de relogement dans les maisons récemment reprise à la Mafia. Le regard des cinéastes se pose là où cela fait le plus mal. Il y a bien sûr l’atermoiement de la Municipalité qui attend que la situation pourrisse avant de se manifester – car l’occupation attire bien d’autres familles sans toit et s’avère difficile à gérer. Mais surtout, le film montre le hiatus qui surgit entre les familles et les quelques conseillers municipaux de gauche qui les soutiennent et qui, pour deux d’entre eux, les accompagnent jour et nuit dans l’occupation. Pas de dénonciation ici, mais le constat, cruel, que les intérêts politiques des uns et les besoins urgents des autres finissent par diverger. Pallazo delle Aquile n’est pas une œuvre qui enchante mais elle rend lucide.
Chaque année, pendant le Festival International du film, l’ACID présente à Cannes 9 films, la plupart sans distributeur. Cette action permet à l’ACID de donner de la visibilité à de nouveaux talents et facilite la sortie de leurs films en salles.