CinéMa Ville : l’ACID a 20 ans au Forum des images // du 2 novembre au 28 décembre 2012

Paris, ville lumière, ville cinéma, au prisme des milliers de films qu’elle a inspiré. Autour d’un réalisateur, d’un acteur, d’un quartier, d’une époque ou d’un thème, CinéMa Ville propose chaque mois une exploration de ce qui palpite dans la cité.
Pour célébrer les 20 ans de l’ACID, le Forum des images programme du 2 novembre au 28 décembre 2012, 35 films de sa collection parisienne soutenus par l’association.


Toutes les informations sur : www.forumdesimages.fr

les films du cycle

À la belle étoile d’Antoine Desrosières
À la campagne de Manuel Poirier
Avant que j’oublie de Jacques Nolot
Circuit Carole d’Emmanuelle Cuau
Demain et encore demain de Dominique Cabrera
Doo Wop de David Lanzmann
Drancy avenir d’Arnaud Des Pallières
Du poil sous les roses d’Agnès Obadia et Jean-Julien Chevrier
En compagnie d’Antonin Artaud de Gérard Mordillat
Fantômes de Jean-Paul Civeyrac
Grand bonheur d’Hervé Le Roux
Grands comme le monde de Denis Gheerbrant
Hexagone de Malik Chibane
J’ai vu tuer Ben Barka de Serge Le Péron
Jeanne et le garçon formidable d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau
L’Adolescent de Pierre Léon
L’Afrance d’Alain Gomis
L’Homme qui marche d’Aurélia Georges
Le Journal du séducteur de Danièle Dubroux
Le Pont des Arts d’Eugène Green
Les Apprentis de Pierre Salvadori
Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel de Laurence Ferreira Barbosa
Les jours où je n’existe pas de Jean-Charles Fitoussi
Les Passagers de Jean-Claude Guiguet
Mémoires d’immigrés de Yamina Benguigui
Mirek n’est pas parti de Bojena Horackova
On n’est pas des marques de vélo de Jean-Pierre Thorn
Oublier Cheyenne de Valérie Minneto
Paris (X,Y)de Zéka Laplaine
Pour rire ! de Lucas Belvaux
Récréations de Claire Simon
Salut cousin ! de Merzak Allouache
Un petit cas de conscience de Marie-Claude Treilhou
Wesh wesh,qu’est-ce qui se passe ?de Rabah Ameur-Zaimeche

Les événements du cycle :

  • Vendredi 2 novembre
  • SOIRÉE EN PRÉSENCE DE JEAN-PIERRE THORN ET DE STÉPHANE ARNOUX ET MARIANA OTERO, coprésidents de l’ACID 20h00 - On n’est pas des marques de vélo de Jean-Pierre Thorn
  • Vendredi 16 novembre
    SOIRÉE EN PRÉSENCE D’AURÉLIA GEORGES ET DE CLAIRE SIMON
    19h00 - L’Homme qui marche d’Aurélia Georges
    21h00 - Récréations de Claire Simon

L’ACID en Salle des collections

Depuis 1992, l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion soutient la diffusion en salles de films indépendants. Nombre des œuvres ainsi défendues ont intégré les collections du Forum des images depuis Grand bonheur de Hervé Le Roux jusqu’au film d’Aurélia Georges, L’homme qui marche. En Salle des collections, Marie Vermillard, réalisatrice et ancienne présidente de l’ACID, revient sur vingt ans d’engagement et d’envie de cinéma.

  • Mardi 4 décembre
    18h30 - L’ACID en Salle des collections - rencontre avec Marie Vermillard, ancienne présidente de l’ACID

Les 20 ans de l’ACID en 2012

L’ACID A 20 ANS

« Pourquoi avons-nous besoin de tant d’histoires, de tant d’images ? Pourquoi ce désir d’être assis dans l’obscurité, de fixer l’écran où d’autres vivent, sans que nous puissions répondre à leurs paroles, nous mêler à leurs actes ? Pourquoi sommes-nous si sensibles à ces vies qui nous échappent ? Pourquoi rions-nous ? Pourquoi pleurons-nous ?

La réponse semble évidente : parce que le cinéma est un art. Pourtant cette évidence est aujourd’hui violemment combattue, renvoyée au grenier poussiéreux des illusions, voire des utopies, niées par l’économie actuelle du cinéma. Aujourd’hui, l’essentiel des recettes se concentre sur de moins en moins de films capables par leur puissance financière d’occuper une partie si importante de la surface commerciale que tous les autres films sont repoussés dans une périphérie géographique et économique leur interdisant, de fait, de rencontrer leur public (...)

Il s’agit donc pour les cinéastes de résister, de ne pas se laisser imposer une morale qui n’est pas la leur : une morale qui ne pense qu’en termes de classement, de hiérarchie, d’exclusion, d’argent. Depuis toujours dans le cinéma français la marge et le centre sont intimement liés, indissociables. Toucher l’un, c’est atteindre l’autre. Henri Langlois avait fondé sa morale sur l’idée que « tous les films sont égaux ». Il n’en est pas d’autre qui vaille. Il s’agit donc pour les cinéastes de résister. Résister en donnant une vraie chance à tous les films d’être vus. »

Extrait du Manifeste Résister, signé en novembre 1991 par 180 cinéastes

Il y a 20 ans, en 1992, l’ACID naît suite à ce manifeste. C’est avec la conscience du besoin de formes cinématographiques multiples et la conviction de la valeur de ce qui dure, de ce qui fait sens avec le temps, que des cinéastes fondent l’ACID.

Ils imaginent un outil pour créer un lien entre cinéastes, distributeurs, exploitants et spectateurs afin d’aider des films issus d’une création indépendante à atteindre leur public. Ils soutiennent Ils soutiennent sur les principes du coup de cœur et de la conviction minoritaire les films d’autres cinéastes, convainquent des distributeurs et des exploitants de s’intéresser à ces films. Ils inventent alors de nouvelles manières de faire : prévisionnements en régions pour les programmateurs, accompagnement des films par les cinéastes, rédaction de textes... IIs proposent au CNC des mécanismes d’aides à la distribution et à l’exploitation des films indépendants.

Dès 1993, l’ACID décide d’être également présente au Festival de Cannes : une programmation parallèle d’œuvres indépendantes souvent sans distributeur réunit les cinéastes qui soutiennent et ceux qui sont soutenus, stimulantes rencontres accompagnées d’échanges passionnés.

Ce sont ainsi 450 films qui en 20 ans ont été choisis et présentés aux quatre coins de la France et du monde par des cinéastes convaincus de la nécessité de regarder là où les autres ne veulent ou ne peuvent pas regarder, et de l’importance à long terme de ce geste là.

Aujourd’hui, ce geste n’a rien perdu de sa nécessité. Les chiffres mirobolants de la fréquentation cinématographique cachent une concentration massive, des difficultés accrues de production et de diffusion pour les œuvres les plus audacieuses. Un discours récurrent sur un trop grand nombre de « petits films » ne laisse plus de place à la valeur artistique et patrimoniale du cinéma. Face à cette situation, il est plus que jamais indispensable de continuer à regarder à côté, ailleurs, en toute indépendance.

En 2012, L’ACID et plusieurs lieux partenaires vous inviteront à fêter 20 ans de films, 20 ans de regards libres, 20 ans de lien entre cinéastes et publics avec diverses programmations en France et à l’étranger, la publication d’un livre, des lettres filmées de cinéastes, etc.

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