« Films de femmes » au Méliès de Villeneuve d’Ascq // Le 18 mars 2012

Programmation Spéciale « films de femme »

Dimanche 18 Mars 2012

20 ans…
Plus de 450 films soutenus, près de 200 œuvres montrées à Cannes et autant de jeunes auteurs découverts. 20 ans également de textes politiques, de propositions, de sonnettes d’alarme aussi. 20 ans d’une belle idée de solidarité entre cinéastes, d’un lieu vivant où se rencontrent autour des films les réalisateurs de toutes les générations et horizons.

C’est une partie de cela que l’ACID vous invite à fêter le 18 mars au Méliès. Lila Lili et Elle est nôtres, deux films de femmes pour faire écho à la journée du 8 mars. Des œuvres d’une rare justesse qui interrogent la façon dont nous menons nos vies, à travers les portraits sensibles de deux femmes aux trajectoires singulières. « Le film de Marie Vermillard (Lila Lili) est avant tout un enchantement (...) tout y est effleuré, caressé, suggéré ; soutenue par une actrice remarquable et par une caméra d’une étonnante receptivité. » (A.Raoust) Dans Elle est des nôtres « Siegrid Alnoy croit en la beauté et à la vérité de certaines rencontres. Par son talent, elle nous guide dans le rude parcours initiatique de Christine (Sasha Andrès), en privilégiant toujours la beauté et la grâce. » (M.Aziza)
A l’issue de la projection, Marie Vermillard sera présente pour parler de son film en toute convivialité autour d’un verre !

Les projections

  • Lila Lili de Marie Vermillard – 17h30

L’histoire se passe de nos jours. Avec des gens comme tout le monde. Des gens qui font ce qu’ils ont à faire. Dans le film il y a des histoires d’amour. A cause de Nadège, qui aime comme elle respire, de Claude qui trouve l’amour compliqué, de Simon qui change la donne. Mais il n’y a pas que l’amour dans la vie. Il y a aussi ceux qui aimeraient comprendre. Qui aimeraient comprendre pourquoi tout ce qui tombe du ciel est béni, pourquoi il y a plus d’hommes qui ont peur des femmes que de pêcheurs à la ligne. Il y en a d’autres qui croient. Qui croient au miracle, que Francis Cabrel peut faire quelque chose pour eux, qu’on ne peut pas aimer tout le monde, que trois buts ça se remonte, qu’on a jamais intérêt à passer pour celui qui ne baise pas. Et il y a ceux qui se demandent si ça vaut le coup de préserver l’espèce, si l’aiguille va trouver la veine. Et puis il y a Micheline, surtout Micheline, par qui toute l’histoire arrive, qui ne perd rien du spectacle, qui voit les coulisses et les détails. Micheline qui attend un bébé...

  • Elle est des nôtres de Sigrid Alnoy – 20h30

Christine Blanc veut se faire adopter par « la communauté humaine ». Tout à coup, elle partage les valeurs de cette communauté : celle du crime. Stupeur... Les bras s’ouvrent, les verres trinquent : « Elle est des nôtres... ».

Les 20 ans de l’ACID en 2012

L’ACID A 20 ANS

« Pourquoi avons-nous besoin de tant d’histoires, de tant d’images ? Pourquoi ce désir d’être assis dans l’obscurité, de fixer l’écran où d’autres vivent, sans que nous puissions répondre à leurs paroles, nous mêler à leurs actes ? Pourquoi sommes-nous si sensibles à ces vies qui nous échappent ? Pourquoi rions-nous ? Pourquoi pleurons-nous ?

La réponse semble évidente : parce que le cinéma est un art. Pourtant cette évidence est aujourd’hui violemment combattue, renvoyée au grenier poussiéreux des illusions, voire des utopies, niées par l’économie actuelle du cinéma. Aujourd’hui, l’essentiel des recettes se concentre sur de moins en moins de films capables par leur puissance financière d’occuper une partie si importante de la surface commerciale que tous les autres films sont repoussés dans une périphérie géographique et économique leur interdisant, de fait, de rencontrer leur public (...)

Il s’agit donc pour les cinéastes de résister, de ne pas se laisser imposer une morale qui n’est pas la leur : une morale qui ne pense qu’en termes de classement, de hiérarchie, d’exclusion, d’argent. Depuis toujours dans le cinéma français la marge et le centre sont intimement liés, indissociables. Toucher l’un, c’est atteindre l’autre. Henri Langlois avait fondé sa morale sur l’idée que « tous les films sont égaux ». Il n’en est pas d’autre qui vaille. Il s’agit donc pour les cinéastes de résister. Résister en donnant une vraie chance à tous les films d’être vus. »

Extrait du Manifeste Résister, signé en novembre 1991 par 180 cinéastes

Il y a 20 ans, en 1992, l’ACID naît suite à ce manifeste. C’est avec la conscience du besoin de formes cinématographiques multiples et la conviction de la valeur de ce qui dure, de ce qui fait sens avec le temps, que des cinéastes fondent l’ACID.

Ils imaginent un outil pour créer un lien entre cinéastes, distributeurs, exploitants et spectateurs afin d’aider des films issus d’une création indépendante à atteindre leur public. Ils soutiennent Ils soutiennent sur les principes du coup de cœur et de la conviction minoritaire les films d’autres cinéastes, convainquent des distributeurs et des exploitants de s’intéresser à ces films. Ils inventent alors de nouvelles manières de faire : prévisionnements en régions pour les programmateurs, accompagnement des films par les cinéastes, rédaction de textes... IIs proposent au CNC des mécanismes d’aides à la distribution et à l’exploitation des films indépendants.

Dès 1993, l’ACID décide d’être également présente au Festival de Cannes : une programmation parallèle d’œuvres indépendantes souvent sans distributeur réunit les cinéastes qui soutiennent et ceux qui sont soutenus, stimulantes rencontres accompagnées d’échanges passionnés.

Ce sont ainsi 450 films qui en 20 ans ont été choisis et présentés aux quatre coins de la France et du monde par des cinéastes convaincus de la nécessité de regarder là où les autres ne veulent ou ne peuvent pas regarder, et de l’importance à long terme de ce geste là.

Aujourd’hui, ce geste n’a rien perdu de sa nécessité. Les chiffres mirobolants de la fréquentation cinématographique cachent une concentration massive, des difficultés accrues de production et de diffusion pour les œuvres les plus audacieuses. Un discours récurrent sur un trop grand nombre de « petits films » ne laisse plus de place à la valeur artistique et patrimoniale du cinéma. Face à cette situation, il est plus que jamais indispensable de continuer à regarder à côté, ailleurs, en toute indépendance.

En 2012, L’ACID et plusieurs lieux partenaires vous inviteront à fêter 20 ans de films, 20 ans de regards libres, 20 ans de lien entre cinéastes et publics avec diverses programmations en France et à l’étranger, la publication d’un livre, des lettres filmées de cinéastes, etc.

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