Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
Après avoir programmé en début d’année Donoma et Rue des Cités , le BAM, Brooklyn Academy of Music, continue de célébrer le jeune cinéma français soutenu par l’ACID et fête le 20ème anniversaire de l’Association à travers une programmation de 12 films. Le BAM en profite pour proposer une sortie new yorkaise de La Vie au ranch de Sophie Letourneur qui y présentera aussi Le Marin Masqué ! Cette rétrospective est organisée en partenariat avec les Services culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis et l’Institut Français.

“Salut les jeunes : Young French Cinema” Bovines d’Emmanuel Gras Casa Nostra de Nathan Nicholovitch Fleurs du mal de David Dusa La Vie au Ranch de Sophie Letourneur, en sa présence La Vierge, les Coptes et moi de Namir Abdel Messeeh Noces Éphémères de Reza Serkanian, en sa présence Nous, princesses de Clèves de Regis Sauder Dancing Odeon (CM) de Kathy Sebbah Pandore (CM) de Virgil Vernier Rives d’Armel Hostiou, en sa présence Robert Mitchum est mort d’Olivier Babinet et Fred Kihn Stalingrad Lovers de Fleur Albert, en sa présence AGENDA DES PROJECTIONS
Mercredi 17 Octobre 16h30, 21h15 Fleurs du mal de David Dusa 18h50 Stalingrad Lovers de Fleur Albert * séance suivie d’une rencontre avec la réalisatrice
Jeudi 18 octobre 16h30, 21h15 Casa Nostra de Nathan Nicholovitch 18h50 Bovines d’Emmanuel Gras, précédé de Dancing Odéon de Kathy Sebbah
Vendredi 19 octobre 14h La Vie au ranch de Sophie Letourneur 16h30, 21h15 Pandore de Virgil Vernier, suivi de Le Marin masqué de Sophie Letourneur 18h50 La Vie au ranch de Sophie Letourneur * séance suivie d’une rencontre avec la réalisatrice
Samedi 20 octobre 14h Noces éphémères de Reza Sekarnian 16h30, 21h15 La Vie au ranch de Sophie Letourneur 18h50 Noces éphémères de Reza Sekarnian * séance suivie d’une rencontre avec le réalisateur
Dimanche 21 octobre 14h, 18h50 La Vierge, Les Coptes et moi de Namir Abdel Messeeh 16h30, 21h15 La Vie au ranch de Sophie Letourneur
Lundi 22 octobre 16h30, 21h La Vie au ranch de Sophie Letourneur 18h50 Rives d’Armel Hostiou * séance suivie d’une rencontre avec le réalisateur
Mardi 23 octobre 16h30, 21h15 La Vie au ranch de Sophie Letourneur 18h50 Nous, Princesses de Clèves de Regis Sauder
Mercredi 24 octobre 16h30, 21h La Vie au ranch de Sophie Letourneur 18h Robert Mitchum est mort d’Olivier Babinet et Fred Kihn
Jeudi 25 octobre 16h30, 21h Pandore de Virgil Vernier, suivi de Le Marin masqué de Sophie Letourneur 18h50 La Vie au ranch de Sophie Letourneur
Pour plus d’informations : www.bam.org/film/2012/young-french-cinema
« Pourquoi avons-nous besoin de tant d’histoires, de tant d’images ? Pourquoi ce désir d’être assis dans l’obscurité, de fixer l’écran où d’autres vivent, sans que nous puissions répondre à leurs paroles, nous mêler à leurs actes ? Pourquoi sommes-nous si sensibles à ces vies qui nous échappent ? Pourquoi rions-nous ? Pourquoi pleurons-nous ?
La réponse semble évidente : parce que le cinéma est un art. Pourtant cette évidence est aujourd’hui violemment combattue, renvoyée au grenier poussiéreux des illusions, voire des utopies, niées par l’économie actuelle du cinéma. Aujourd’hui, l’essentiel des recettes se concentre sur de moins en moins de films capables par leur puissance financière d’occuper une partie si importante de la surface commerciale que tous les autres films sont repoussés dans une périphérie géographique et économique leur interdisant, de fait, de rencontrer leur public (...)
Il s’agit donc pour les cinéastes de résister, de ne pas se laisser imposer une morale qui n’est pas la leur : une morale qui ne pense qu’en termes de classement, de hiérarchie, d’exclusion, d’argent. Depuis toujours dans le cinéma français la marge et le centre sont intimement liés, indissociables. Toucher l’un, c’est atteindre l’autre. Henri Langlois avait fondé sa morale sur l’idée que « tous les films sont égaux ». Il n’en est pas d’autre qui vaille. Il s’agit donc pour les cinéastes de résister. Résister en donnant une vraie chance à tous les films d’être vus. »
Extrait du Manifeste Résister, signé en novembre 1991 par 180 cinéastes
Il y a 20 ans, en 1992, l’ACID naît suite à ce manifeste. C’est avec la conscience du besoin de formes cinématographiques multiples et la conviction de la valeur de ce qui dure, de ce qui fait sens avec le temps, que des cinéastes fondent l’ACID.
Ils imaginent un outil pour créer un lien entre cinéastes, distributeurs, exploitants et spectateurs afin d’aider des films issus d’une création indépendante à atteindre leur public. Ils soutiennent Ils soutiennent sur les principes du coup de cœur et de la conviction minoritaire les films d’autres cinéastes, convainquent des distributeurs et des exploitants de s’intéresser à ces films. Ils inventent alors de nouvelles manières de faire : prévisionnements en régions pour les programmateurs, accompagnement des films par les cinéastes, rédaction de textes... IIs proposent au CNC des mécanismes d’aides à la distribution et à l’exploitation des films indépendants.
Dès 1993, l’ACID décide d’être également présente au Festival de Cannes : une programmation parallèle d’œuvres indépendantes souvent sans distributeur réunit les cinéastes qui soutiennent et ceux qui sont soutenus, stimulantes rencontres accompagnées d’échanges passionnés.
Ce sont ainsi 450 films qui en 20 ans ont été choisis et présentés aux quatre coins de la France et du monde par des cinéastes convaincus de la nécessité de regarder là où les autres ne veulent ou ne peuvent pas regarder, et de l’importance à long terme de ce geste là.
Aujourd’hui, ce geste n’a rien perdu de sa nécessité. Les chiffres mirobolants de la fréquentation cinématographique cachent une concentration massive, des difficultés accrues de production et de diffusion pour les œuvres les plus audacieuses. Un discours récurrent sur un trop grand nombre de « petits films » ne laisse plus de place à la valeur artistique et patrimoniale du cinéma. Face à cette situation, il est plus que jamais indispensable de continuer à regarder à côté, ailleurs, en toute indépendance.
En 2012, L’ACID et plusieurs lieux partenaires vous inviteront à fêter 20 ans de films, 20 ans de regards libres, 20 ans de lien entre cinéastes et publics avec diverses programmations en France et à l’étranger, la publication d’un livre, des lettres filmées de cinéastes, etc.