Les Cachetonneurs

Un film de Denis Dercourt

France - 1998 - 90 min - Couleur - 35mm

Sortie : 24 mars 1999

Sélections et prix :
Namur, Genève, Chicago, Calcutta, Aubagne (Grand Prix "Passion d'or"), Le Caire
Scénario : Denis Dercourt
Image : Jérôme Peyrebrune
Son : Paulo De Jésus
Montage : Yann Coquart
Musique : Bach, Bratsch, Bruch, Busser, Matthieu Chédid, Faudel, Lazar, Shostakovich, Strauss, Tsintsadze, Waltfeufel

Avec :
Pierre Lacan, Marie-Christine Laurent, Sonia Mankaï, Serge Renko

Six cachetonneurs, des musiciens qui vivent du cachet, se retrouvent dans un château en Normandie pour préparer un concert du Nouvel An. Mais l'équipe réunie par Roberto, le contrebassiste qui a trouvé l'affaire, n'est pas exactement celle qui était prévue au départ. Seul le violoncelliste Lionel, cachetonneur impénitent, a répondu présent. A contre-coeur, Roberto a dû faire appel à Martial, altiste maniant mieux le verbe que l'archet, et à la flûtiste Thérèse, dont l'accouchement paraît pourtant imminent. La violoniste Diana est une élève du Conservatoire qui participe pour la première fois à ce genre de concert. Quant au clarinettiste, personne ne le connaît: il a été imposé par le châtelain, un vieux mélomane que sa surdité empêche de rien entendre sauf la musique. Avant la prestation finale, l'équipe doit se rôder lors d'un concert de charité dans l'église du village, puis assurer une animation dans une école. Mais le prestigieux chef d'orchestre Swarovski, qui doit venir d'Autriche pour les diriger, tarde à arriver.


C’est sûrement un film de musicien : tendu comme une corde de violon, toujours juste mais prête à casser (seul l’archet sera brisé dans une séquence allegro furioso quasi burlesque). L’ouverture est virtuose : un professeur de violon subit la médiocrité de sa jeune élève. Le prof c’est Ivry Gitlis célèbre violoniste (dans la vie), il a la cruauté qu’il faut. Le ton est lancé sur le mode majeur/mineur ou tragédie et comédie sont inextricablement entrelacées. L’équilibre très instable, peut basculer à chaque instant. Cette potentialité maîtrisée, d’osciller entre l’une et l’autre (une simple affaire de bémol ou de bécarre) est le secret du charme de ce film. Elle le tend (on craint la bascule), le rythme et le rend très jubilatoire. La présence de Gitlis, en plus de donner raison à F. Truffaut (qui l’avait fait jouer dans Adèle H. et voyait en lui un véritable comédien) agit exemplairement : le joker Gitlis défaussé en attaque de partition nous épargnera de guetter la faute de doigté, il authentifie les comédiens en tant que musiciens jusqu’au bout. Lorsqu’au deux tiers du film le chef fait in extremis son apparition dans le château, dans la séquence où il reprend en main l’orchestre au bord de l’effondrement, Henri Garcin profite encore de « l’effet Gitlis » qui donne à sa performance une extrême densité. C’est bien construit, on s’attache à des personnages tendres dirigés avec maestria. Ça fait des embardées libres dans l’absurde, des incursions habiles dans d’autres univers musicaux (raï et musique tzigane), ça rebondit et ça surprend. C’est en plus un conte sur la tolérance, sur l’écoute de l’autre, l’art de s’accorder. Mais la ligne tragi-comique, serait trahie si ce n’était aussi une célébration de la musique comme universel apaisement dans les situations infra humaines (les camps).

Luc BONGRAND, cinéaste

Les Films


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75018 Paris
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