LA ROBE DU SOIR
Excessif.com - Geoffrey Crété - 24/02/2010
Qui aurait cru que la rencontre entre une chanteuse, comédienne à ses heures (…) et une réalisatrice venue du documentaire (…) donnerait un film aussi intéressant que La Robe du soir ? (…) La Robe du soir marque les esprits, discrètement mais sûrement.
.

LA ROBE DU SOIR
Télérama - Cécile Mury - 24/02/2010
"(...) La déli­cate mosaïque de cette passion juvénile est dominée par la grâce boudeuse de la jeune Alba Gaia Bellugi. Ses errances silencieuses, ses coups de tête et de folie constituent la plus jolie part du film."
.

LE TEMPS DES GRÂCES
Isabelle Regnier - 10/02/2010
Voici un film qui rend intelligent. Vous y entrez par un petit bout : la crise des petites exploitations agricoles en France. De là, une vaste et passionnante opération de dépliage se produit, qui embrasse dans un même mouvement l'histoire, la géopolitique, la science, l'urbanisme, l'économie, la littérature, la théologie, questionnant de manière neuve, à la fois globale et extrêmement précise, le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Ancien critique de cinéma aux Inrockuptibles, le réalisateur, Dominique Marchais, a sillonné la France pour filmer ses paysages et donner la parole à une large palette d'interlocuteurs : agriculteurs, ingénieurs agronomes, chercheurs, intellectuels... Avec eux, il relie un écheveau de problématiques ayant trait à l'agriculture française contemporaine qui sont habituellement appréhendées comme autant questions autonomes : uniformité plane des paysages agricoles, uniformisation et perte du goût des aliments, disparition des petites exploitations, développement frénétique des zones pavillonnaires, pollution chimique, élevage hors-sol, exploitation du Sud par le Nord... Une question conduit à une autre et chacune résonne finalement avec toutes. C'est ce qui rend le film impossible à résumer, et qui incite, pour donner une idée de ce qui s'y joue, à citer un exemple : le bocage. Sa destruction, engagée de longue date pour cause de rentabilité économique, constitue un désastre paysager et écologique. Son inexorable disparition, un temps freinée par le contrat territorial d'exploitation, a repris en 2007 avec l'abolition de celui-ci. Mais comment reconstruire un paysage de bocage, même avec des subventions, alors que de nouveaux lotissements essaiment tous les jours sur tout le territoire ? Rien de durable ne peut s'envisager, comprend-on à l'issue de ces deux heures d'exposé, sans une refonte globale du système économique et politique dans lequel nous vivons aujourd'hui. Destruction du sous-sol Le film ne fait pas le procès de la modernité. Il revient au contraire sur les raisons sociales qui ont conduit à l'industrialisation de l'agriculture, et sur le progrès que celle-ci a constitué pour les paysans et pour l'ensemble de la population dès la fin du XIXe siècle, puis, de manière accélérée, à partir des années 1950. Il pointe en revanche, avec beaucoup de pédagogie, l'impasse à laquelle elle a conduit. La destruction du sous-sol qui en a résulté se traduit par le fait que l'espérance de vie d'une vigne, qui était jadis de 100 ans, s'est réduite à 40 dans le meilleur des cas, souvent 25. Quand on sait qu'une vigne ne commence à produire du bon vin qu'à partir de 20 ans, on peut sans exagérer parler de drame. Rendre la terre fertile à nouveau, retrouver un équilibre écologique doit passer par une volonté politique assez forte pour s'opposer aux lobbies agrochimiques. Comme le résume une microbiologiste : "Le microbe travaille gratuit. Le vivant n'est pas brevetable. Le durable n'est pas rentable. La nature a une gratuité qui est gênante aujourd'hui." Isabelle Regnier, Le Monde
.

SUITE PARLÉE, RÉCITS DE SOUVENIRS ENFOUIS
JM FRODON - Blogstate.fr - 27/01/2010
Avec Suite parlée, Marie Vermillard poursuit l’œuvre ébauchée l’an dernier avec Petites Révélations : la mise à l’épreuve, par la petite forme de brèves rencontres, des modes de récit et de représentation du cinéma, sur le terrain des sensations et des émotions. Elle filme ici, comme autant de portraits qui seraient ceux d’une parole autant que d’un visage, vingt-trois comédiens, chacun racontant une histoire écrite par le co-réalisateur, Joël Brisse. Histoires tristes ou drôles, souvenirs intimes ou rêveries fantastiques, petits cailloux d’un imaginaire singulier, et qui pourtant murmure à l’oreille de chacun. Les images sont là, dans la présence et la voix de chaque acteur. Quel est ce mystère qui nous les fait percevoir, en même temps que la présence des visages d’hommes et de femmes devient comme un écran où adviennent des drames, des comédies et des contes fantastiques. Nous en savons le nom, même si nous ne savons toujours pas comment ça marche: cela s’appelle l’incarnation.
.

SUITE PARLÉE, RÉCITS DE SOUVENIRS ENFOUIS
Studio Live - 27/01/2010
"Ce film représente d'abord l'occasion de croiser vingt-trois acteurs exceptionnels, de Hiam Abbass à Marilyne Canto, de Serge Merlin à Bruno Lochet. Le propos cinématographique s'y recentre sur les deux cercles qu'il partage avec le théâtre : le texte et son interprète. Ainsi,vingt-trois monologues écrits par Joël Brisse seront dits en plan fixe,cadre idem sur fond neutre, par ces comédiens dont éclate, par la simplicité du dispositif, la splendeur de leur talent. Des textes poignants qui nous plongent sans sommation dans les troubles de la nature humaine."
.

SUITE PARLÉE, RÉCITS DE SOUVENIRS ENFOUIS
Les Inrocks - Jacky Goldberg - 27/01/2010
"Aux confins de la littérature, de la peinture et du théâtre, s’avance ce bel et étrange film (...)
A partir d’un matériau littéraire original (des nouvelles de Joël Brisse), chacun raconte une anecdote, une confession intime, ouvrant une brèche, dérisoire mais troublante, dans le réel. Des mots, un acteur, une caméra : du cinéma, tout simplement."
.

SUITE PARLÉE, RÉCITS DE SOUVENIRS ENFOUIS
Le Monde - Jean-Luc Douain - 27/01/2010
"C'est en abandonnant tout préjugé contre le caractère expérimental et minimaliste du projet, contre son apparente absence de cohérence dramaturgique, que l'on en découvre la richesse. Au fil de ces confidences que les comédiens distillent avec un tel naturel que l'on peut se demander s'il ne s'agit pas d'un souvenir intime (documentaire ou fiction ?), le concept de Joël Brisse et Marie Vermillard s'impose comme un recueil de nouvelles dont le trait d'union serait le trouble, et l'impact émotionnel, qu'il produit chez le spectateur. Les histoires de traumas plus ou moins douloureux que raconte Joël Brisse rejoignent un terreau collectif, traduisent une expérience humaine suffisamment partagée, pour que personne ne soit indifférent à ce qui n'apparaîtrait qu'à tort comme des anecdotes personnelles. Il ya quelque chose dans ces souvenirs imaginaires qui touche un point sensible en nous, évoque une expérience analogue, suscite une complicité."

.

LA FILLE LA PLUS HEUREUSE DU MONDE
Joachim Lepastier - 16/01/2010
La Fille la plus heureuse du monde possède le goût du petit sujet mais parvient à transcender l’anecdote de son argument de départ : l’odyssée minuscule et pourtant essentielle d’une adolescente provinciale sur le tournage d’une pub. La jeune fille doit vanter la marque de jus de fruits qui vient de lui faire gagner une Logan, prix qui fera immédiatement l’objet d’âpres transactions avec ses parents, accompagnateurs aussi inévitables qu’encombrants. On ajoutera la singularité du décor principal ausculté sous toutes ses coutures : le plateau de tournage de cette improbable « publicité-réalité » dressé en plein milieu d’une place passante de Bucarest.
.

HUACHO
Vincent Ostria, Les Inrocks.com - 09/12/2009
"la subtile radicalité politique de ce film laisse entrevoir un talent très prometteur."
.

HUACHO
Le Monde.fr - 09/12/2009
" L'auteur fuit tout discours didactique et distille son propos par cette juxtaposition des activités, leur enregistrement brut par une caméra quasi ethnologique, la confusion qui s'installe entre réel et fiction à cause de l'authenticité d'acteurs non-professionnels qui rejouent leur vie artisanale. Évitant tout pittoresque, tout exotisme, toute nostalgie, il fait acte de constat. Les images parlent d'elles-même. Elles disent la perte des traditions, la fin d'un monde, l'asphyxie du tiers-monde par la mondialisation. Elles soulignent la perversion de l'argent, la tentation de la spéculation. Ou l'absurde qui guette les damnés de la terre : une femme s'achète une robe durement gagnée, et la ramène illico car elle a besoin de ce qu'elle vient de dépenser pour acheter le strict nécessaire à la survie des siens...
.