Amour et guérilla

Publié le 22 novembre 2011

Le Journal du Dimanche.

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20/11/2011

Djinn Carrénard signe une fresque inattendue sur le désir et l’engagement.

Effronté comme pas deux, tel est Donoma, « film-guérilla réalisé avec 150 euros », « autoproduit via les réseaux sociaux ». Entre temps acheté par Arte qui soutient sa distribution, ce premier long-métrage épatant vaut désormais beaucoup plus. Et peut légitimement s’attendre à un joli succès en salles. Sa fine équipe ne l’aura pas volé car Donoma - le jour se lève en langue Sioux - est un remarquable concentré d’énergie, un film libre et rentre-dedans dont on n’oubliera pas de sitôt la verve, la joyeuse profusion de personnages, l’admirable maîtrise pour tenir le spectateur de bout en bout avec un scénario foutraque, des situations limites et d’humour et de tensions mêlés.

Une enseignante ne cesse de provoquer un élève impossible, as de la rapine dans le métro et joli cœur à ses heures. Sa petite amie s’interroge sur la foi, le cancer, les inconnus du R.E.R, ses mains qui saignent. La jolie Chris, elle, est une photographe farfelue qui renonce à la parole pour draguer des inconnus… Digne descendant de Cassavetes, de Bresson mais aussi de Kechiche pour sa langue actuelle et son regard aigu, Djinn Carrénard signe une fresque inattendue et revigorante sur le désir et l’engagement, avec des personnages attachants dont les mésaventures nous parlent des équivoques et des incertitudes de toute une époque.

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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