Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Nova Planet.
Un article de Alex Masson.
Pour beaucoup, l’idée de la Chine actuelle se résume à celle d’un commerce mondialisé. Black Blood en raconte le prix à payer pour la classe ouvrière du pays.
Dans le film de Miaoyan Zhang, un couple n’a plus d’autre choix pour survivre que de vendre leur sang. Les rêves de lendemain meilleurs s’interrompent quand ils sont contaminés par le VIH. Mourir à petit feu pour avoir tenté de survivre, la morale de Black Blood est sombre. D’autant plus quand le film est porté par un noir et blanc des plus lumineux.
Presque autant que le propos de cette fable contemporaine sur les méfaits du libéralisme économique. Black Blood n’a pourtant rien contre la mondialisation, mais culturelle, lorsqu’un film chinois emprunte la maîtrise, la puissance esthétique et l’émotion de cinéastes étrangers, d’Abbas Kiarostami à Bela Tarr et transformer ce sang noir en œuvre d’une rare pureté.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma