Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Cinéma Belge .
Un article de Suzanne Vanina .
Un article de Pierre Duculot.
Cinéma Belge n°107
Tourné en totale liberté, hors des schémas traditionnels de production, « Ca m’est égal si demain n’arrive pas », premier long métrage de Guillaume Malandrin, connaît un succès en festival. Cerise sur le gâteau, il sera à Cannes, grâce à l’ACID.
L’ACID, Association des Cinéastes Indépendants pour la Diffusion, présente chaque année à Cannes une sélection de films radicalement indépendants. C’est elle qui avait mis en lumière, il y a deux ans, un petit film rejeté par les autres sections : « Quand la mer monte » de Yolande Moreau et Gilles Porte. On connaît la suite, et on souhaite le même bonheur à « Ca m’est égal si demain n’arrive pas », un film écrit, et réécrit au fil du tournage, par Jacky Lambert, Stéphane Malandrin, Guillaume Malandrin et réalisé par ce dernier.
Grand Prix du récent Festival International du Film pour l’Enfance et la Jeunesse de Sousse (Tunisie), il a également été sélectionné au Festival du Film Francophone de Namur 2005, au Festival Premiers Plans d’Angers, au prestigieux Festival International du Film de Rotterdam, au Festival International du Film de Montréal et au Festival d’Alba (Italie). Dans ces deux dernières manifestations, il a obtenu une mention du jury. En Belgique, il sera distribué par Lumière, et après un passage au prochain Festival du Film de Bruxelles, il sera programmé entre autres par le Flagey.
Réalisé en DVD, avec une équipe réduite, le film sonne juste et vrai, comme l’a souligné le jury de Montréal qui a été frappé par « l’authenticité avec laquelle il a su camper des gens simples dont le non-dit est intense ». Guillaume Malandrin voulait, dit-il, « avancer dans la mise en scène en prenant tous les risques possibles et avec un minimum d’artifices ».
Ce sont les comédiens Jacky Lambert, Olga Grumberg, Robin Weerts qui portent cette histoire d’un homme, Jacques (quarante ans), récemment sorti de prison, et désireux de se réinsérer. Jacques reprend contact avec son fils de dix ans, qu’il ne connaît pas. Malgré les réticences de la famille d’accueil, Jacques veut partir une semaine en vacances dans le Sud avec lui. Quelques jours avant le départ, il retrouve Anne, la mère de l’enfant – enfant qu’elle ne connaît pas non plus – et l’entraîne dans cet étrange projet de vacances familiales. Ces trois personnes, étrangères les unes aux autres, vont chercher à s’aimer sans vraiment savoir comment, ni pourquoi…
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma