CINEMA - Révolutions

Publié le 24 janvier 2012

L’Humanité. Un article de Luc Chatel.

Lire la fiche du film : Tahrir, Place de la Libération.

Les soulèvements populaires en Tunisie, en Egypte et en Libye, suivis de la destitution de monarques milliardaires et sanguinaires soutenus par l’Occident, tout cela fait-il une révolution. Si l’on observe la situation actuelle, la réponse est non, répression, corruption et opacité sont encore au programme. Si l’on s’en tient à l’émancipation des peuples et au départ des tyrans, la réponse est oui. C’est cette dernière impression qui domine à la vue du documentaire Tahrir, place de la Libération On y suit trois jeunes Égyptiens, Elsayed, Noha et Ahmed, que Stefano Savona a filmés du 29 janvier au 12 février 2011, lendemain de la chute de Moubarak. Pas de voix off, pas de musique, pas d’effets mutiles. Les conversations, l’accélération du temps, les convulsions de la foule créent une tension qui tient en haleine. Le cœur battant au rythme du Caire, nous partageons un moment historique de basculement, avec ses joies et ses doutes, dont certains trouvent aujourd’hui un écho singulier le nouveau pouvoir respectera-t-il la volonté du peuple ? Que veulent les islamistes ? Il y a aussi cet échange par téléphone entre Noha et l’animateur d’un groupe de protestataires sur Facebook qu’elle incite à venir place Tahrir pour bien comprendre ce qu’il se passe. Confirmation que les réseaux sociaux peuvent être déconnectés de la réalité et qu’ils servent d’abord d’accélérateur. Cette place Tahrir nous renvoie à l’idée de démocratie, jamais si forte que lorsqu’elle se manifeste physiquement. C’est une des leçons données par ces peuples épris de poésie (moment fort quand l’un des trois jeunes lit l’extrait d’un poème écrit pendant ces jours de fièvre) le réel n’a pas dit son dernier mot

Tahrir,place de la Libération, documentaire franco-italien de Stefano Savona sortie le 25 janvier

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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