Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
La Nouvelle République.
Un article de Anne Richoux.
Lire la fiche du film : Donoma.
14/11/2011
Un film surprenant.
Produit avec peu de moyens (150€) par un collectif d’artistes, ce film sort des normes cinématographiques habituelles. Djinn Carrénard, son jeune réalisateur en parle avec passion : « C’est un film qui parle d’amour, à trois niveaux. Le premier, l’amour passionnel, entre une enseignante et le cancre de la classe, ou comment passer de la haine à la passion. Le deuxième, l’amour au quotidien avec l’histoire de cette jeune femme qui choisit un inconnu au hasard et décide de s’installer avec lui. Le troisième, l’amour spirituel, où une jeune fille agnostique se réveille tous les jours avec des signes divins inscrits sur son corps. Trois formes différentes d’amour dont les histoires se croisent. »
Un film guérilla
Il a réalisé son film comme un court-métrage, d’un format de long métrage. En effet, sa durée est de 2h13 ! Filmé caméra au poing, dans les circonstances de l’instantané, comme un intrus, un voyeur, à l’instar de vidéos vues sur Internet. Ce film connaît un succès qui étonne tous les acteurs de l’aventure. Inclassable, il serait proche d’un film choral, c’est-à-dire un film qui enchevêtre plusieurs histoires. Mais on peut aussi le qualifier de film guérilla comme l’explique Djinn Carrénard : « Lorsqu’on sort des sentiers battus, on déclare une guerre, menée en petit groupe. Pour prouver qu’on peut faire autre chose que les grosses productions, et avec peu d’argent. »
Le public joue aussi un rôle important dans la conception du film. Il en est à sa quatrième version, évoluant à chaque projection. Une liberté de travail que la vidéo a offert au réalisateur, qui a ainsi pu adapter son travail suivant les réactions du public. « On me faisait souvent remarquer la longueur du film. J’ai cherché comment enchaîner différemment les éléments pour qu’il paraisse moins long et j’ai réussi à donner l’impression que le film avait 25 minutes de moins. » Un seul regret : ne pas avoir prévu de projection dans des villes modestes (10 à 15.000 habitants). Il envisagerait une autre tournée pour combler ce manque. Déjà tourné vers le futur, Djinn Carrénard a un autre projet de film, avec une boîte de production cette fois-ci. Il a envie de tenter l’expérience « pour voir si je pourrais faire ce que je veux malgré tout. »
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma