Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
L’Indépendant.
Un article de Jean-Michel Collet.
Lire la fiche du film : Donoma.
17/11/2011
Pour son premier long-métrage on peut dire que Djinn Carrénard signe un véritable coup de maître.
Ce jeune réalisateur originaire d’Haïti ayant fait des études de philo à la Sorbonne est un autodidacte au parcours exemplaire.
« Je voulais être artiste et je ne voulais pas attendre de trouver les moyens de faire ce film. J’ai emprunté une caméra à une association et j’ai fonctionné sur le principe du troc. J’ai tourné en lumière naturelle avec un seul technicien. Mon écriture devait tenir compte de tout ça, tout en restant très libre. »
Et voilà, ce n’est pas plus compliqué. Caméra à l’épaule, Djinn Carrénard a raconté trois histoires d’amour d’aujourd’hui. Une dans la passion, une dans le quotidien et la troisième pour son aspect spirituel.
« Ces thèmes ont beaucoup été traités, mais j’avais envie d’apporter un regard moderne et un peu pessimiste par rapport à l’amour. » Projeté dans quelques festivals, sélectionné à Cannes (ACID), la presse a pris le relais et le bouche à oreille a fait le reste. Encore plus fort, l’équipe a loué le Grand Rex à Paris pour une projection qui a affiché complet (2 700 places).
« Comme j’ai envie d’aller jusqu’au bout et de le diffuser, du coup je me suis fait distributeur. »
Des producteurs perpignanais
Dans cette belle aventure on retrouve Anna Gardereau et Gaël Breton, tous les deux originaires de Perpignan et ayant monté Lucy in the sky Production. Ils travaillent eux aussi à faire de Donoma, qui sera en sortie nationale le 23 novembre, un succès permettant au jeune réalisateur de continuer, de faire un deuxième film.
« Mon rêve est de continuer à travailler comme je l’entends, mais en étant payé et en pouvant rémunérer les acteurs. Des producteurs m’ont contacté. J’en ai trouvé un qui me laisse libre. »
Comme quoi tout est possible quand on a le talent et la volonté.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma