Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Le Soir Echos.
Un article de Paola Frangieh.
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22/11/2011
Un film indépendant, un réalisateur méconnu et un buzz spectaculaire : voilà le cocktail explosif de Donoma, film au budget microscopique mais au succès phénoménal. L’opus est actuellement en tournée en France, en amont de sa sortie officielle.
Le film, qui a fait le tour des festivals, de Cannes à New York, est aujourd’hui parrainé par le réalisateur multicésarisé Abdellatif Kéchiche.
Les beaux films parlent d’eux-mêmes. Derrière la guérilla marketing de Donoma, l’esthétisme minimaliste a primé, au détriment du budget modique.
D’abord le pitch. Commençons par une des phrases du film : « J’ai décidé de sortir avec quelqu’un que je n’aurai pas choisi, je me suis assise dans le métro, puis j’ai fermé les yeux ; puis je les ai ouverts en les braquant dans le viseur de mon appareil photo… et il était là ». Telle est la tonalité du film, fraîche et vraie, naturelle et fantaisiste, intime et sociétale, qui a le mérite de nous mettre face à des personnages que l’on côtoie dans la vie, mais rarement sur écran. Le film déroule des histoires d’amour qui se croisent sans s’influencer et trouvent une symbolique dans le lever de soleil qui prête son nom au film : Donoma ou « Le jour est là ». Une profonde réflexion sur les rencontres humaines, traitée avec finesse et humour, où le fil entre l’autodestruction humaine et le désir d’exister est ténu, concoctée par un réalisateur qui est porté sur « les scénarios et le cinéma de dialogue ». Interrogé sur le budget modeste du film, le jeune Djinn Carrenard, auteur de plusieurs courts-métrages, a déclaré : « La valeur du film est dans le temps de travail. Nous sommes une équipe soudée, et nous avons bossé assidûment pendant un an. Au niveau budget, c’est la débrouille ; certains ont prêté leurs appart’ ; d’autres ont cotisé à 20 euros ».
Guérilla Tour
Pour un film à budget modeste, Donoma a tout d’un grand et s’inscrit dans la lignée d’un jeune cinéma français, foncièrement indépendant. Le buzz est né au top départ de la tournée au Grand Rex, où l’opus a été grandement acclamé. Depuis, l’équipe sillonne les villes françaises dans un bus aux couleurs du film et a fait escale à Montpellier, Toulouse, Toulon, Nantes, récoltant au passage des critiques favorables. Au programme : débats, conférences et évènements urbains sont organisés, dans les règles de l’art, dans 25 villes françaises. Le film, qui a fait le tour des festivals, de Cannes à New York en passant par Montréal et Ouagadougou, est aujourd’hui parrainé par le réalisateur multicésarisé Abdellatif Kéchiche, auteur de L’esquive et de La graine et le mulet.
Ce buzz cinématographique, qui sort officiellement en salle le 23 novembre, a le mérite d’être un moment extrêmement personnel, indépendamment du plébiscite des masses. À quand chez nous ?
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma