Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Trois Couleurs.
Un article de Laura Pertuy.
Un article de Louis Séguin.
Un article de Laura Tuillier.
Lire la fiche du film : Donoma.
Trois couleurs, été 2011. Un article de Laura Pertuy, Louis Séguin et Laura Tuillier
[…] Le premier film de Djinn Carrénard (qu’il s’apprête à codistribuer), Donoma, lui a coûté 150 euros. Dans ce film choral, les histoires d’amour se côtoient et interrogent les rapports de force et de domination entre les sexes. Les limites techniques sont largement compensées par le foisonnement brillant d’idées de mise en scène. Exemplaire, Djinn Carrénard assume cette radicalité des moyens et de la forme : « J’avais besoin de ce rite initiatique, comme un passage à l’âge adulte qui passe par faire tout soi-même. » Isolé parce que sans école ni réseau parisien, Carrénard croit profondément à « un grand mouvement artistique collectif, avec des gens qui veulent bouger le cinéma », et milite pour une bonne dose d’audace : « Est-ce normal, quand on est jeune, de ne pas faire son film si on n’a pas deux millions ? » Poussant l’art de la débrouille jusqu’au bout, il a appris le cinéma grâce à la communauté internet : « Je postais des séquences que j’aimais sur des forums et je demandais qu’on m’explique comment c’était fait. » C’est encore par ce biais d’internet que l’équipe de Donoma fait aujourd’hui connaître son film, à l’aide d’un marketing maison (happening, teasing viral…). Comme le souligne Arnaud Gourmelen, « l’idée de la Nouvelle Vague était de prendre des caméras légères, de tourner vite, dans la rue, avec peu d’éclairage, en réaction contre le cinéma de studio ». […]
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma