Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
Télérama.
Un article de François Ekchajzer.
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Passé le plan d’ouverture, qui s’attache à la nuque de Giacomo penché sur sa batterie et donne à voir la prothèse auditive greffée derrière son oreille gauche, rien ne nous sera dit de ce jeune homme, de son mode de vie... Exclusivement guidé par une quête de sensations et la vitalité qu’offre à la caméra son principal protagoniste, L’Eté de Giacomo le suit dans son échappée belle avec son amie Stefania, progressant à travers une enfilade de sous-bois jusqu’à l’éden d’un plan d’eau frioulan aux couleurs de lagon.
L’ombre solaire de Pasolini plane sur ce documentaire d’une radieuse sensualité, premier long métrage d’un cinéaste de 30 ans attaché à saisir les élans du jeune couple et leurs chamailleries de chatons, le battement incessant de la vie, la grâce de la jeunesse et celle du réel que seuls savent capter les meilleurs documentaristes. La liberté avec laquelle il épouse les mouvements de la nature et ceux de Giacomo — sur un manège ou tenant Stefania dans ses bras lors d’un bal — fait la valeur de ce documentaire qui sortira en salles le 4 juillet et qu’Arte nous propose en avant-première. Alessandro Comodin filme comme on aime, avec un engagement qui tient de l’engouement et avec une fougue communicative. Remarqué dans plusieurs festivals, son film est une ode à la beauté du monde dont on sort ébloui, le regard épanoui et le coeur en liesse.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma