La Vie au Ranch

Publié le 13 octobre 2010

Télérama. Un article de Guillemette Odicino.

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Télérama

Guillemette Odicino

Lola, Manon, Pam et les autres : petites bourges de 20 ans, sorties de l’Ecole alsacienne, copines comme cochons, elles crèchent au ranch, l’appart de Manon. Vautrées en petite culotte sur le canapé, elles picolent et clopent sans relâche et ne pensent qu’à « pécho » des garçons. Surtout, elles tchatchent, elles braillent, même quand elles font pipi entre deux bagnoles, à 3 heures du mat’ : du bruit pour ne pas trop penser à l’après, cet âge adulte qui les excite autant qu’il les effraie. Sophie Letourneur (premier long métrage) vient de réaliser le film de filles le plus étonnant ­- le plus détonant - depuis l’invention du chick flick (« film pour poulettes »). Plongée en apnée chez les minettes parisiennes, façon Rohmer chez les pétasses 2010, et véritable document sur le vocabulaire des meufs d’aujourd’hui (« Tu fais quoi, là ? Parce que moi, à part rien foutre, j’ai rien à foutre » : version moderne du « Qu’est-ce que je peux faire, j’sais pas quoi faire » d’Anna Karina chez Godard). Tout paraît improvisé, rien ne l’est - avec, en particulier, un travail ciselé sur le son. Puis le ton change, en Auvergne, où la grappe de gonzesses (toutes épatantes, mention spéciale à l’enrouée Sarah-Jane Sauvegrain) s’est mise au vert. Est-ce le calme alentour ? Un silence « relou » se fait entre elles, qui laisse poindre leurs dissonances. Ne plus piailler ensemble, c’est grandir un peu : quitter le ranch, exister hors du groupe. Le film se clôt sur une note plus douce, subtilement mélancolique, celle de l’âge de raison.

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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