Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Télérama.
Un article de J.Co..
Lire la fiche du film : Bovines (Cattle).
Comment s’est déroulé le casting ?
Emmanuel Gras : J’ai sillonné la Basse-Normandie à la rencontre d’éleveurs de charolaises car je cherchais une vache allaitante (mère-nourricel et pas une vache laitière. Je ne voulais pas une race trop belle, trop élégante, comme la Salers. Il me fallait une bête plus rustique, plus banale. La robe blanche de la charolaise me plaisait graphiquement par rapport au vert des prés. J’ai trouvé mon bonheur dans les bocages vallonnés de la Suisse normande.
Vous filmez vos vaches comme des actrices, en gros plans. Seriez-vous tombé sous le charme ?
E.G. : J’aime, en effet, leur douceur, leur placidité. Et le contraste entre leur masse et leur docilité. Il y a une vraie tendresse chez cet animal. Et ce regard qu’on ne peut pas percer, dans lequel on ne lit aucun sentiment. En Egypte ancienne, comparer les yeux d’une femme à ceux d’une vache était un compliment.
A la fin, les veaux partent vers leur funeste destin. La scène est déchirante...
E.G. : Je tenais à ce retour au réel, pour finir. Pendant une heure, les vaches semblent heureuses, mais ce paradis est artificiel, il n’existe que par la volonté de l’homme qui doit satisfaire ses besoins en viande.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma