Léa de Bruno Rolland

Publié le 5 juillet 2011

Cahiers du cinéma. Un article de Ariel Schweitzer.

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Réalisé par un ancien directeur de festival (Les Rencontres internationales Henri Langlois), ce premier long métrage frais et maîtrisé entre inévitablement en résonance avec une certaine actualité politico-médiatique. traitant du rapport entre sexualité et pouvoir, Léa est le portrait d’une jeune femme qui tente de conquérir sa liberté par la séduction. Au Havre, s’occupant seule de sa grand-mère, elle commence à travailler comme stripteaseuse pour financer ses études à Sciences-Po. La belle idée du film est de faire du strip-tease la métaphore de notre société de consommation et du spectacle. Ainsi, la mise en scène et le montage mettent systématiquement en relation le corps exposé de la femme avec différents signes de richesse (billets de banque, champagne à flots), incarnation à la fois envoûtante et repoussante des désirs contemporains. On comprend vite que l’héroïne s’engage sur cette voie non seulement par nécessité économique, mais parce qu’elle lui donne le sentiment, ou l’illusion, de mieux exister. Or plus elle chercher à maîtriser sa vie, plus celle-ci semble lui échapper. Ce personnage fragile et tenace est merveilleusement interprété par Anne Azoulay, également co-auteur du scénario. On regrette toutefois que les personnages secondaires n’aient pas tous la même étoffe. Ainsi, le compagnon trop angélique de Léa comme son professeur d’université cynique sont des stéréotypes qui font virer le film, notamment dans sa deuxième partie, sur un chemin plus convenu et parfois caricatural.

CAHIERS DU CINEMA - Ariel Schweitzer

Revues de presse

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