Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Cahiers du cinéma.
Un article de Ariel Schweitzer.
Réalisé par un ancien directeur de festival (Les Rencontres internationales Henri Langlois), ce premier long métrage frais et maîtrisé entre inévitablement en résonance avec une certaine actualité politico-médiatique. traitant du rapport entre sexualité et pouvoir, Léa est le portrait d’une jeune femme qui tente de conquérir sa liberté par la séduction. Au Havre, s’occupant seule de sa grand-mère, elle commence à travailler comme stripteaseuse pour financer ses études à Sciences-Po. La belle idée du film est de faire du strip-tease la métaphore de notre société de consommation et du spectacle. Ainsi, la mise en scène et le montage mettent systématiquement en relation le corps exposé de la femme avec différents signes de richesse (billets de banque, champagne à flots), incarnation à la fois envoûtante et repoussante des désirs contemporains. On comprend vite que l’héroïne s’engage sur cette voie non seulement par nécessité économique, mais parce qu’elle lui donne le sentiment, ou l’illusion, de mieux exister. Or plus elle chercher à maîtriser sa vie, plus celle-ci semble lui échapper. Ce personnage fragile et tenace est merveilleusement interprété par Anne Azoulay, également co-auteur du scénario. On regrette toutefois que les personnages secondaires n’aient pas tous la même étoffe. Ainsi, le compagnon trop angélique de Léa comme son professeur d’université cynique sont des stéréotypes qui font virer le film, notamment dans sa deuxième partie, sur un chemin plus convenu et parfois caricatural.
CAHIERS DU CINEMA - Ariel Schweitzer
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma