Léa (Les aléas de la danse)

Publié le 6 juillet 2011

Le Canard Enchaîné. Un article de David Fontaine.

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Le Havre, intérieur jour : la belle et rogue Léa s’occupe de sa vieille grand-mère. Extérieur nuit : elle est serveur dans une boîte de strip-tease. Paris, extérieur jour : prise à Sciences-po, Léa réalise son rêve d’étudier, se heurtant au mépris de certains profs. Intérieur nuit : pour survivre, elle devient danseuse en string à la barre dans une boîte de « pole dancing ».

Une vie coupée en deux, à la limite de la schizophrénie, pour traduire l’aliénation de la société actuelle, qui oblige à se vendre pour vivre. Tel est le discours du film, servi par une esthétique concertée. « Il lui faudra aller jusqu’à la brûlure pour découvrir qui elle est », explique l’actrice Anne Azoulay, qui a coécrit le rôle avec le réalisateur Bruno Rolland. Et qui donne formidablement corps à cette héroïne en la rendant attachante, presque réelle. Ce premier long-métrage acéré, qui juxtapose deux vies parallèles par un montage cut, ménage aussi des moments d’émotion, comme lorsque la vieille grand-mère (Ginette Garcin, dans son dernier rôle) fugue. L’utilisation de la musique techno est remarquable, suscitant la transe et dévoilant la loi du désir des clients mâles...Et la ville du Havre capable de jeter un sort à certains spectateurs : Ah Léa Jacta est !

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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