Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Elle.
Un article de Lauren Bastide.
Lire la fiche du film : Donoma.
Janvier 2011
Si Donoma suscite un enthousiasme aussi débordant dans toutes les salles de projection qui l’accueillent, c’est parce qu’il évite tous les clichés. Un garçon de banlieue très myope, une vierge qui se donne à un inconnu, une photographe blanche dont les parents sont noirs, une athée porteuse de stigmates, une prof d’espagnol qui rappe : Donoma parle de couple, donc d’amour et de différence, en déroutant fort son public. Les personnages féminins tiennent en respect des hommes qui aiment avec maladresse. Du pied des tours aux appartements bobos, Paris y est intelligent et beau.
« Donoma » (le jour est là), c’est 2h15 de vérité brute et d’émotion complexe. Le jeune réalisateur Djinn Carrénard voulait prouver qu’on pouvait faire un film sans argent ni piston. Alors il a tout fait tout seul : scénario, réalisation, montage, avec un budget de 150€. Enfin, seul, pas tout à fait, puisqu’il est entouré d’une équipe de comédiens hors du commun, impliqués jusqu’à la moelle dans la promotion de ce « film-guerilla ». Donoma cherche toujours un distributeur. Pas pour longtemps, on en est certains.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma