Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Grazia.
Un article de Pascaline Potdevin.
Dans Léa, elle est étudiante le jour et stripteaseuse la nuit : un premier rôle choc pour une actrice inspirée.
Par Pascaline Potdevin
Photo Matthieu Zozzo pour Grazia
D’où est venue I’histoire de Léa, que Yous avez coécrite avec le réalisateur Bruno Rolland ?
C’est parti d’une rencontre très furtive de Bruno avec une stripteaseuse : une fille différente des autres, qui l’a interloqué par sa violence. D’où l’idée de faire un film sur ce métier dans lequel les filles s’abandonnent et se perdent complètement. Il y a une addiction au sexe, à l’alcool, et un rapport aux hommes très compliqué.
Léa est-il un film féministe ?
Absolument. Le stip-tease a un côté glamour, les femmes sont belles, aiment se montrer. Evidemment, ce n’est pas de la prostitution, mais c’est à la limite. Banaliser ça, cela renvoie à des réflexes machistes très profonds.
Qu’avez-vous ressenti en tournant les scènes de strip-tease ?
J’étais bien préparée mais la scène de pole dance a été difficile : je me sentais dans un état de surexposition, de solitude et de vulnérabilité extrêmes.
Avez-vous d’autres projets d’écriture ?
Oui, j’ai coécrit avec Bruno l’adaptation d’un polar de Marcus Malte et on redémarre sur un thriller psychologique.
Vous n’avez pas envie d’écrire une comédie, histoire de souffler un peu ?
Dans l’absolu, pourquoi pas ? Mais ce qui nous intéresse, dans l’écriture comme dans l’interprétation, ce n’est pas ce qui est tout beau et tout gentil. Attention, nous n’éprouvons pas non plus un désir absolu de montrer à quel point est noir. Juste celui de raconter des choses fortes sur celui dans lequel on vit.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma