Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
Le Point.
Un article de Olivier De Bruyn.
Lire la fiche du film : Querelles.
Une nuit, quelque part dans la province iranienne. Arshia, 10 ans, entend une très violente querelle qui oppose ses deux parents. Ces derniers prennent ensuite la fuite, sans laisser de traces. Le lendemain, le jeune garçon est recueilli par son oncle et sa tante, tous deux sourds-muets. Les trois personnages entament un long périple en voiture qui les entraînera peut-être jusqu’à Téhéran.
Pour son premier film, l’Iranien Morteza Farshbaf (ancien collaborateur d’Abbas Kiarostami) ne choisit pas exactement la voie de la facilité. Avec cette histoire plus que tragique, le cinéaste semble prendre plaisir à accumuler les difficultés : un argument propice à toutes les surenchères larmoyantes, un dispositif austère (le huis clos de la voiture) et, surtout, des personnages ne communiquant qu’en langue des signes...
Bonne surprise : le metteur en scène se joue de ces écueils et signe un road movie initiatique qui témoigne de son inspiration et de son étonnante capacité à tirer le meilleur parti de ses acteurs non professionnels. Même si l’ombre de Kiarostami plane avec trop d’ostentation sur le film, Querelles prouve qu’un nouveau cinéaste de talent, un de plus, exerce en Iran. À suivre de près.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma