Sur la planche

Publié le 1er février 2012

Positif. Un article de V. T.

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Alors qu’une cinématographie spontanée accompagne l’avènement du « Printemps arabe », un film marocain, issu paradoxalement d’un pays rétif à la révolution, fait la différence. Sur la planche défie l’engouement documentaire du moment pour s’installer dans une fiction brutale. Nous sommes ainsi plongés dans le monde du sous-prolétariat ou le travail est désormais morcelé, aléatoire, brisé par la mondialisation. Badia, Imane, Asma et Nawal, quatre jeunes filles qui tentent de survivre à Tanger, sont prêtes à tout pour gagner un peu d’argent. Mais décortiquer des crevettes ou actionner des métiers à tisser dans une zone franche ne suffit plus. Les petites magouilles s’enchaînent comme dans un tourbillon, la survie résidant dans le mouvement et l’urgence. Tanger n’est plus qu’une longue nuit striée de fugaces lignes de lumière dessinées par ces besogneuses survoltées. La première grande réussite de Sur la planche réside dans la compression du temps et de l’espace. Pas un seul moment de répit pour le spectateur que la réalisatrice prend même le risque d’asphyxier. Le trop- plein d’action et de mots donne même une impression de confusion renforcée par une voix off parfois incompréhensible. Mais la prise de risque est jouable au regard de la deuxième grande qualité du film : la qualité de son casting. Leïla Kilani s’appuie sur un quatuor d’actrices résolues et décomplexées. La puissance de ce lancé collectif transforme alors ce caillou de réel en une fascinante météorite cinématographique.

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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