Tahrir

Publié le 18 janvier 2012

Studio Ciné Live. Un article de Xavier Leherpeur.

Lire la fiche du film : Tahrir, Place de la Libération.

Janvier 2012

Indépendamment de leurs qualités formelles ou investigatrices, certains docs sont faits pour le grand écran - seul espace probant par son effet d’échelle pour optimiser le regard porté et l’immersion proposée. C’est le cas de Tahrir, de l’italien Stefano Savona, dont les précédentes réalisations portaient déjà la marque d’un cinéaste engagé. Peut-être est-ce en raison de son statut d’étranger, moteur d’une distance salutaire. Sa manière de saisir les récents événements survenus en Egypte, en février 2011, est d’une force testimoniale incroyable. De par son contenu d’abord, car il offre l’occasion, durant plusieurs jours, d’être aux côtés de ces défenseurs improvisés d’une démocratie interdite depuis des décennies par Moubarak, rangée au rayon des utopies impossibles mais qui devient une réalité possible. Ensuite parce qu’il regarde autant qu’il écoute. Une lapalissade souvent oubliée. Slogans scandés, débats contradictoires musclés de ceux soupçonnés d’agir dans l’ombre pour le gouvernement, il répond à cetteparloe libérée, fil édificateur du film, par de bouleversants gros plans sur ces anonymes qu’il capte au plus près de leurs corps, leurs blessures, leurs visages et leurs regards préoccupés ou éperdus d’espoir. Replaçant l’être humain dans sa diversité sociale et sa complexité idéologique, au coeur moteur de cette révolution.

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

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