Pourquoi filmez-vous ? “Trivialement, pour me rendre intéressant, au moins à mes propres yeux. Probablement, parce que mes héros de l’adolescence faisaient des films. Manifestement, pour travailler sur les questions qui me préoccupent. Concrètement, pour montrer qu’un autre type de spectacle est envisageable. Ambitieusement, pour insérer dans l’art du cinéma quelques objets qui n’y étaient pas.” Philippe Fernandez
Les Inrockuptibles.
Un article de jean-baptiste morain.
Lire la fiche du film : Robert Mitchum est mort (Robert Mitchum is dead).
Franky (Pablo Nicomedes) ne va pas bien du tout. Alors Arsène, son agent (Olivier Gourmet), l’emmène vers le Grand Nord, à la recherche d’un cinéaste mythique. Don Quichotte et Sancho Pança s’embarquent dans un road-movie picaresque. Olivier Babinet et Fred Kihn font partie de cette génération de réalisateurs qui sont nés sous Canal+ et ont grandi dans l’émulation de deux cinéastes importants : le Finlandais Aki Kaurismäki et l’Américain Jim Jarmusch. Ils n’en ont sans doute pas la rigueur formelle, mais l’esprit goguenard. Leur famille, c’est celle de Benoît Delépine et Gustav Kervern (Mammuth), de Bouli Lanners (Eldorado)… Ce qui signifie : humour laconique, marginaux de l’amour et de la société du spectacle, rêves de paradis perdus, déglingue rock’n’roll et road-movies fantomatiques, avec une once de nostalgie hollywoodienne. Robert Mitchum est mort est le nouvel épisode d’une histoire éternelle qu’on rabâche dans une banlieue portuaire et industrielle du cinéma : on y vit des voyages rêvés, on s’y heurte à la réalité rude, dans des régions géographiques improbables, baignées de couleurs vives. On y trouve à boire et à manger : des passages désopilants, de l’absurdité, des maladresses de jeu, un peu de virilité forcée, de grandes bourrades dans le dos et des réveils difficiles. C’est de guingois, comme la vie et la gueule des personnages, mais ça tient la route et au corps. On s’y régale de choses simples : imaginer qu’un acteur comme Olivier Gourmet est réellement allé au-delà du cercle polaire, uniquement pour y jouer un rôle de cinéma. Bref, c’est éminemment sympathique, chaleureux, et joyeusement infantile.
LES INROCKS - Jean-Baptiste Morain
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma