Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
Travellingue.
Un article de Francois Cardinali.
Lire la fiche du film : Fleurs du Mal.
Quezako ? Jeune affranchi, passionné de danse et de réseaux sociaux, Gecko croise le chemin d’une étudiante iranienne, Anahita, réfugiée à Paris pour fuir les violences politiques de son pays mais qui suit passionnément, via Internet, l’actualité de son pays. Une histoire improbable d’amour réunit ces deux déracinés.
Et alors ? “Tout le film a été conçu en neuf mois, un peu comme une grossesse. On voulait faire ça vite afin de capter l’énergie qui nous a été envoyée par les iraniens, que nous avions ressentie comme capable de changer le monde. Mais, derrière ça, nous avons voulu aussi rendre hommage à l’immense sacrifice de ce peuple” souligne le réalisateur David Dusa. De fait, la Présidentielle de juin 2009 en Iran quand une répression violente s’abattit sur les citoyens nombreux qui manifestaient leur hostilité face à la dictature a marqué les esprits via internet. Grâce aux réseaux sociaux, Twitter en tête, ces cris en faveur de la liberté ont connu une résonance mondiale.
Vivre comme on danse pour échapper à la pesanteur du quotidien En partant de ces images de mauvaise qualité, en intégrant tous les messages bruts véhiculés par Internet, le cinéaste a eu l’astuce d’imaginer une histoire différente, forte, où les deux personnages ne reconnectent à la réalité grâce à ce réseau, symbole de toutes les libertés.
Au cœur de l’histoire, il y a aussi la danse, symbole de liberté et de légèreté dans un monde qui en est cruellement dépourvu. Dans la peau de Gecko, Rachid Youcef, danseur, breaker et yamakazi, étonne par sa présence et sa prestance. Face à lui, Alice Belaïdi, comédienne révélée par les Molières 2010 pour la pièce Confidences à Allah, incarne avec beaucoup de finesse cette jeune fille bouleversée par le destin de son pays et des siens.
Nous proposant une réflexion sur la manière de consommer des informations brutes, multipliant les jeux sur les images floues de u-tube, les textos et autres twitters, Fleurs du mal est un film à tiroir qui montre clairement comment nous vivons au quotidien cette nouvelle révolution numérique qui bouleverse les cartes du savoir. Une vraie surprise…
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma