Vachement unique !

Publié le 21 février 2012

La Terre. Un article de Zelda Meyer.

Lire la fiche du film : Bovines (Cattle).

Sorte d’OVNI dans le paysage cinématographique français, le film Bovines mérite franchement le détour. Etonnant, étrange, drôle et émouvant.

« Bovines est mon premier long métrage », explique Emmanuel Gras, réalisateur de ce film original, sur grand écran à partir du 22 février prochain. Chef opérateur sur des courts-métrages, fictions et documentaires, le jeune homme de 35 ans reconnaît être « un urbain total ». Ce qui ne l’empêche pas de proposer aux spectateurs de découvrir à quoi peut bien ressembler une vie de vache, en les plaçant au milieu d’un troupeau, au rythme de l’animal. « Je pense que si j’étais fils de paysans je n ’aurais pas pu faire ce film-là. Je n’aurais pas eu le même regard naïf. Sans connaissance scientifique de l’animal j’ai un regard d’observateur at- tentif et émerveillé ».

Une œuvre décalée C’est à l’occasion d’un tournage sur le chemin de Stevenson avec un âne, que le réalisateur a le déclic. « Je trouve qu’il y a un grand mystère chez les vaches. Je me suis souvent demandé à quoi ressemblait la vie de ces grosses bêtes qui, apparemment, passent leur vie dans des champs à brouter, ruminer et dormir. » C’est ainsi que Bovines nous plonge dans un univers décalé et provoque une perception sacrement forte, celle de vivre le ressenti d’une vache plus d’une heure durant. Sur le fil de l’an- thropomorphisme, sans jamais y tomber, le réalisateur nous montre l’inexplicable.

Tournage en Basse-Normandie Tourné en Basse-Normandie une année durant, Emmanuel Gras a pu construire son film grâce à trois éleveurs de charolaises. « Lorsque j’ai expliqué au premier éleveur que je voulais filmer la vraie vie des vaches, j’ai cru qu’il allait me rire au nez. Mais au contraire, il m’a répondu « moi aussi, j’aimerais bien la connaître ! » Et il a ajouté qu’elles changeaient d’attitude à son approche.  » De fait, Bovines s’adresse aussi bien aux citadins qu’aux ruraux, car ceux-ci ne voient jamais leurs vaches lorsqu’ils les quittent. Emmanuel Gras résume parfaitement son œuvre, « c’est pour ceux qui ont envie de vivre une expérience  ». Je confirme, devant Bovines nous sommes des vaches !

Revues de presse

« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »

Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma

© 2011 L’acid - Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion | réalisation site : quidam.fr